lundi 15 janvier 2018

Poésique N°2 / Gojira - From Mars to Sirius


 

« Salut, je sais que ça fait longtemps qu'on ne s'est pas donné de nouvelles, mais j'aimerais te revoir, au plus vite.
J'ai tant de choses à te dire...
Réponds-moi vite ! »

J'ai reçu ce message il y a cinq minutes, alors que je venais tout juste de terminer la vaisselle. J'avais toujours son nom dans mes contacts. Je me suis dirigé vers ma fenêtre, pour observer le paysage de cet après-midi nuageux.
C'est vrai, on ne s'est pas donné de nouvelles.

J'essaie de me souvenir de notre rencontre... Elle remonte à loin, je dirais 5 ans, 6 ans, plus, peut-être ? Mais si je n'arrive pas à fixer précisément l'époque, au moins je peux me souvenir de l'endroit.
C'était lors d'un concert local, petit rassemblement entre potes. Je discutais de tout et de rien, je profitais de l'instant. Elle est arrivée, d'un seul coup ; c'était sur ce morceau-là.

Je tourne en rond dans ma chambre : elle semble insistante sur ce message, pourquoi veut-elle absolument me voir à nouveau ? Est-ce qu'elle était déjà comme ça auparavant ?
Sur mon lit, je ferme les yeux, pour tenter de capter un peu plus ce souvenir qui, sans doute, a dû se perdre au fond de plusieurs bières.

On s'est considéré de loin d'abord : quelques œillades par-ci, par-là. Au début, ça devait être au hasard mais, peu à peu, c'est devenu un jeu du chat et de la souris : des regards furtifs pour s'assurer de la présence de l'autre puis, lentement, des coups d’œil pour être sûr qu'on se voit. Vraiment, est-ce moi qui t'attire ainsi ? Je te plais ? Es-tu certaine que je pense la même chose ?
On s'est traqué, avant qu'enfin l'un ou l'autre ose franchir le pas.

Je me souviens que, à ce moment précis, j'ai dû me donner de la contenance – la jouer fine, sûr de moi, sans trop en faire non plus. Le coude sur le comptoir, la main qui frotte nonchalamment le menton et les haussements de sourcils pour signifier le plaisir que j'ai à ses côtés... C'est ridicule, oui, mais de son côté, elle avançait de solides arguments : la douceur de sa voix, la gestuelle mesurée pour mieux laisser voir ces courbes auxquelles je suis sensible. La fougueuse, elle m'avait bien cerné ! Elle savait à qui elle avait à faire, et comment le charmer
Alors que le concert se poursuivait, je la voyais apprécier les mélodies appuyées, virulentes, et le chant grogné. Elle aussi aime le Death metal avec des mélodies solides, ce côté rugueux mais qui prend aux tripes. Je m'étais dit : « Celle-là, elle me plaît ».

La soirée avait suivi son cours, et je voyais en elle de réelles qualités : un propos intelligent et sincère, un recul sur le monde et sur ce qui l'entoure... Et puis elle cherchait à vraiment inviter ceux qui l'intéressent, pour que eux-même soient intéressés.
Et c'était ému par cette rencontre aussi soudaine qu'exquise que j'avais quitté le concert, la tête pleine encore de ce qu'on avait partagé ensemble... 

Je décide de revenir dans le fil de mes mails, et découvre que j'ai gardé une trace des échanges qu'on a eus. On s'est revu le lendemain, et les jours suivants, pendant toute une semaine, chaque fois avec des groupes de potes. On se répétait que notre rencontre était plutôt marrante, un sacré coup du hasard.
Alors pourquoi est-ce que j'ai coupé tout contact avec elle ?
Parce que plus le temps passait, plus je trouvais que son propos restait le même, et je savais que je m'ennuierai à la longue. Elle restait bien trop dans certaines idées, et elle semblait fière de quelques unes de ses phrases – les darlings, en écriture, ces touches qu'on aime mettre partout. Chez elle, c'était le vocabulaire éthéré opposé à quelque chose de massif ce qui, en musique, donnerait un aspect volatil, aérien malgré la masse implacable. Seulement, assez vite, j'en arrivais à saturation.
Pour moi, elle parlait sans laisser de réponse, ce qui a le don de m'épuiser. Pourtant, elle savait laisser des pauses. Mais ses silences ne me comblaient pas de plaisir ou d'intérêt, et je n'avais aucune envie de dire quoi que ce soit d'intéressant.

Dans le fil des messages, je vois qu'on s'était même donné rendez-vous, seul à seul. C'est depuis ce moment-là que j'ai limité nos échanges.
Ça me revient...
Ça ne tenait à rien : à un moment, j'ai simplement lâché prise. Ce n'était pas la fatigue ou l'alcool, comme j'aurais pu le penser d'autres soirs où on s'était revus, c'est juste que je décrochais. J'ai dû me sentir honteux, de prime abord, parce qu'elle était adorable. Mais cette beauté m'a laissé de marbre : la séduction n'avait pas tenu

Et, à cet instant, je saisis à nouveau quelque chose : son absence ne me touche pas, et ça devait être déjà le cas à l'époque. Je n'ai aucune envie de savoir ce qu'elle est devenue. Elle a pu faire son chemin, je ne sens aucun manque – ni frisson à la savoir qu'à un seul SMS de distance.

Il ne me reste, finalement, que de l'indifférence à son égard. Et je trouve que c'est pire que d'être franc.
Elle avait toutes les qualités, mais un tempérament qui ne collait pas au mien. Je me dois de le lui avouer.

« Salut,
Tu sais, si je ne t'ai pas adressé la parole jusque là, c'est justement parce que je n'ai rien à te dire, rien à partager avec toi. Je ne vais pas lancer le « c'est pas toi, c'est moi », ça serait cliché. Le mieux, encore, serait d'en rester là.
J'espère que tu te portes bien. Prends bien soin de toi. »



Bonjour à tous !

J'ai également poursuivi l'écriture des "Poésiques", chroniques musicales à mi-chemin entre la review et la poésie. La but est de donner un visage, de personnifier cette musique extrême que j'aime tant et qui évoque difficilement quelque chose pour les non-initiés.

Aujourd'hui, je vous ai proposé Gojira, un groupe avec lequel j'ai eu un rapport particulier. Intéressé au départ, j'ai très vite été lassé par cette musique que, pourtant, je trouve riche et poignante, assez unique dans le paysage musical français - et même Metal en général.
Même si je n'aime pas cet album, j'éprouve une grande sympathie pour celui-ci. C'est une œuvre majeure de la musique extrême française, qui a réussi à se faire un nom dans le monde entier.

Si le format vous plaît, n'hésitez pas à écouter les autres poésiques.

Prenez soin de vous, et à bientôt !






mercredi 13 septembre 2017

"Le Chant de la Persévérance" en livret !




Bonjour à tous !

On y est...
Enfin, je suis parvenu à achever ce projet. Souvenez-vous, je vous évoquais il y a quelques mois maintenant la production d'un recueil jusqu'alors disponible uniquement en format numérique. Parce que je pensais ce produit impossible à éditer. Parce que j'avais tenter de le faire moi-même en auto-édition, mais que je m'étais découragé.

Il m'a fallu deux choses pour me motiver.

En premier, le soutien de mes proches, ainsi que le fait d'écouter encore et toujours ce même album de Death. D'y croire dur comme fer à ce projet. Et de se dire qu'il faut le faire, peu importe la suite.

En second, le dernier album de Julien Doré. C'est un produit vraiment superbe, et j'aime beaucoup le dernier morceau de cette production. Lequel a, dans le livret, une disposition en colonnes des paroles. Et le pire, c'est que ça fonctionnait bien, parce que les sens de lectures étaient multiples. Était-ce voulu par Julien Doré ? 


 En tout cas, j'ai pu voir que c'était possible, et lisible au format d'un livret d'album. Par ailleurs, je ne pouvais pas laisser quelqu'un me couper l'herbe sous le pied - question de fierté, je l'avoue.

C'est ainsi que je vous propose solennellement de découvrir ce recueil, disponible ici, et dont je vous laisse quelques extraits. En espérant que cela vous plaise ! En tout cas, n'hésitez pas à faire savoir vos réactions, je serai curieux et ravi de les recevoir.

Je vous souhaite à tous une excellente semaine. Portez-vous bien !