jeudi 26 septembre 2013

Explication de textes : Sphères lyriques


Bonjour à vous, internautes lecteurs ! 
Vous le voyez dans le titre, je ne vais pas parler ici d'un texte en particulier, mais de la première partie du recueil téléchargeable ici. Il serait dommage en effet d'isoler certains textes qui n'ont pas besoin de plus d'explications que cela. Plutôt que d'analyser un par un ces éléments, je vous les présente en un article.


Comme précisé dans le recueil, cette partie se concentre sur ce que j'ai pu ressentir durant cette période d'écriture. Cela va du billet d'humeur aux accès de nostalgies. Il fallait donc que le premier texte montre qu'avant tout je n'avais aucune direction, je ne savais pas quoi écrire. "Recherche" définit ce moment dans lequel rien n'est sûr, si bien que même le temps ne semble plus clair, et l'on ne le ressent plus vraiment. C'est en soi ce qui est signalé par la métamorphose de l'horloge : elle évoque ce changement que l'on ne maîtrise pas. Ceci est accompagné de cet astre mécanique. Il correspond en fait à une sorte de lumière que j'avais vue au dessus d'un édifice en acier. Ensuite, l'ensemble de paragraphes sur la Terre est une tentative qui ne mène à rien, si ce n'est que les idées fuient.

La thématique de la transition paralysante est reprise dans le texte suivant, "Bardo". En fait, "bardo" signifie en tibétain "l'état intermédiaire", une transition en somme, et le bouddhisme enseigne, entre autre, que ce sont dans les moments de transitions que l'être se trouve le plus apte à saisir la nature de l'esprit. Pour ma part, dans ce moment est ressentie la vacuité.
A l'origine, ce texte était une note que j'avais ébauchée. Quand j'ai relu le recueil une fois terminé, j'ai saisi qu'il y avait une unité dans cette idée de la transition et de l'émergence de la vie et de la mort. C'est lorsque nous nous arrêtons que nous parvenons à observer et à prendre du recul, à lâcher prise. L'utilisation des quatre éléments au troisième paragraphe signale qu'il faut tout contenir en soi et, face à tout ce que le temps nous impose, se préserver, garder une "stature exaltée". Accepter les éléments comme accepter le monde sera repris dans la chanson Steroïds écrite pour "Death met all", tandis que l'idée d'exaltation inspirera directement le texte "Exaltation".
Surtout, dans ce texte, la contemplation de l'instant de vide dévoile quelques pensées, notamment que tout va et que rien ne demeure. Aussi âpre que soit cette vérité, elle nous purge de toute illusion. Alors, "c'est en ayant conscience de la mort des choses que les choses [nous] sont plus belles". Devant cette vérité, l'être comprend qu'il faut vivre et saisir, tout en ayant conscience de son essence.

Malgré tout, les changements peuvent nous mener vers un passage désagréable. Si bien que, deux mois après "Bardo", j'ai écrit "Vague glaciale". Souvent, je doute, j'ai peur, je ne sais où je vais. Ce sont ces sentiments personnels qui m'amènent à écrire, mais je souhaite quand même à chaque fois étendre cette expérience pour le lecteur. De fait, je décris cette situation dérangeante dans laquelle on avance sans se reconnaître, dans laquelle il manque quelque chose. Toutefois, aussi glacial que soit ce texte, il est porté par un optimisme, par une énergie : "l’œil garde son éclat [...] je survivrai, je le veux !" Même éreinté, il faut garder en tête que, justement, rien ne demeure, tout bouge et change si bien que le sang, s'il est ralenti, ne se fige pas. Car, tant que l'on ressent, au moins l'on est vivant. Et puisque rien n'est encore terminé, tout reste possible.
Cette phrase paraît stupide, un peu "neuneu", mais c'est quand même bon de le rappeler.
J'en profite pour signaler la présence d'une erreur dans la phrase suivante : "le craquèlement des gerçures libèrent le sang". C'est incorrect, c'est plutôt "le craquèlement des gerçures libère". Je corrigerai cela à la prochaine version du recueil.

Au passage, l'expression "saison dans les abysses" dans ce texte est une référence directe au titre du groupe de Thrash Metal Slayer, Seasons in the abyss, parce que, même si ce n'est pas mon morceau favori du groupe, j'aimais bien l'idée contenue dans ces mots. Aussi, c'est un rappel de la présence de la musique, pas forcément de ce groupe-ci en particulier.


Emporté d'émotions en émotions, entre rêve, réalité, hallucinations et souvenirs. Le texte "Automne", je l'ai conçu à peine sorti du lit. Il y avait ce matin de novembre quelque chose de particulier que j'ai voulu conserver en un écrit. Tout disparaît, mais nous aimons préserver en nous quelques marques de notre existence. J'ai voulu suspendre ce moment. 
Plus que cela, j'ai voulu aussi raviver un ensemble d'images que je gardais en mémoire depuis mon enfance. J'ai évoqué ma famille, chose que je n'avais jamais faite et qui était pourtant nécessaire, puisque nous ne sommes pas indépendants, puisque nous sommes issus de personnes et d'instants précédents. C'est pourquoi j'ai lié ici présent, famille et passé : l'émotion ne nait pas seulement d'une fulgurance, mais aussi d'une sensibilité qui a vécu des expériences particulières. Dans la course de nos jours, "tout se reflète, tout se rejoint".

Cette sensibilité est l'objet des deux textes suivants : "Du virtuel à la vie" et "Amours et souvenirs". Tout deux évoquent mon enfance et le lien qu'entretiennent le passé et le présent.
Lors de l'écriture de "Du virtuel à la vie", j'avais notamment à l'esprit le jeu Illusion of Time qui m'a touché par son ambiance musicale et son empreinte mythologique. J'ai vécu un moment particulier durant mon enfance : avec mon frère, nous tentions de battre un boss du jeu, le couple de vampires, pour ceux qui connaissent (et ceux-ci savent que ce boss est difficile). Après un échec cuisant, j'ai en mémoire une promenade que nous avions fait avec notre père. Je ne sais pas pourquoi j'ai toujours cela à l'esprit aujourd'hui : est-ce l'ambiance de fin d'après-midi de printemps dans les larges espaces, lorsque le ciel est d'un bleu profond tirant vers l'orange à l'horizon ? Pas seulement. Il y avait aussi l'épreuve, la complicité familiale, les musiques.
Quand je parle dans le texte d'explorer le temps et l'espace du jeu, je pense aussi à The Legend of Zelda Ocarina of Time. Toujours avec mon frère, nous étions fascinés par ce jeu à l'univers ouvert en trois dimensions. Nous aimions parcourir ce jeu sans forcément poursuivre l'aventure. Nous tentions des choses trouvées sur internet, ou alors nous errions juste pour le plaisir que ce jeu procurait.
Au-delà du jeu vidéo est aussi question de la transition vers la musique, ou comment l'ambiance d'un jeu, reprise par certains musiciens, peut conduire à une ouverture. D'autant que cette nouvelle voie  m'était accompagnée d'une ouverture au monde : j'ai découvert la musique vers 14 ans, je commençais à me promener, à ressentir. Ceci m'a amener à écrire. Le passé avait conçu une base sur laquelle je prenais appui pour une nouvelle étape de ma vie.

Ce passé, d'ailleurs, avait été ponctué de transports sensibles. "Amours et souvenirs" revient sur trois faits que j'ai vécus, et qui m'ont marqué. Le point commun entre eux : ils regardent l'amour. Il n'y a pas grand chose à expliquer dans ce texte. On note la progression dans la symbolique du garçon rêveur ainsi que dans le rapport au temps nocturne. Cela évoque la constitution d'une certaine vision des choses. Depuis longtemps, j'avais envie d'exploiter ces expériences, d'autant que cela correspond à l'idée que le passé nourrit le présent.


Comme dit précédemment, à mes 14 ans j'ai commencé à parcourir et à découvrir, par le marche ou le vélo. Il est question de ceci dans "Cycle". La particularité de ce texte, c'est que je l'ai fait en deux temps : un premier, qui se concentre sur le vécu de l'instant même du parcours à vélo. C'était aussi un désir de rendre par écrit cette expérience qui me plaisait temps et que je souhaitais exprimer à l'époque où je l'ai vécu, sans succès.


Une photo d'archives prise en 2007 qui illustre bien le lien vélo et promenades
Un jour de mai 2013, alors que je relisais le Livre tibétain de la vie et de la mort, j'ai repensé à ce que je ressentais après la promenade, j'ai donc poursuivi le texte avec cette deuxième partie. Ce plaisir du repos, je l'avais mis au regard des exercices que j'effectue régulièrement depuis quelques années. J'ai alors réfléchi à la formation de l'être, de la pensée ou, plus simplement, à ce motif du lien qui dépasse le temps par le biais des souvenirs et des sens, portés par le vécu réel ou le jeu vidéo.
J'ai voulu poursuivre l'écriture de cette époque et revenir une fois de plus sur mes 16 ans. J'avais écrit à ce moment-là, mais je souhaitais analyser ceci avec plus de recul. J'ai vu alors que l'on marche toujours. Lorsque je dis "Le cycle avait repris, différemment", c'est pour signaler cette étrange sensation de revivre un même évènement, sauf qu'on l'interprète autrement. L'année impose une forme de cycle illusoire : on trouve des constances qui sont en fait l'émergence de souvenirs. Il y a une superposition de l'affect et du présent qui donne le sentiment d'être dans un cycle. Mais ce texte amène à voir autre chose : "on doit préserver le fait que tout avance sans retour".


Pour la raison qu'évoque cette dernière citation, j'ai choisi de placer cet ensemble au début du recueil : il pose une idée qui soutiendra l'intégralité du livre. 
Tout change, "dans une continuité compatissante de vie, de morts".

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