jeudi 31 octobre 2013

Explication de texte : Cosmogenèse

La Voie lactée (source de l'image)

Bonjour, lecteurs et lectrices !

Comme nous avons parcouru ensemble l'intégralité des Astres fictionnels, notre chemin nous conduit vers la Galaxie poétique. Cette partie enveloppe l'ensemble du recueil avec des textes plus centrés sur le travail sur les mots, les sons et les évocations. Si le sensible reste une constante du recueil, c'est très clairement sur ce point que l'on se focalise ici.

En parlant de point, c'est par ceci que débute cette partie avec "Cosmogenèse".

Et pourquoi ne pas écouter une chanson ?
Même s'il n'a pas inspiré le texte, Riding the cosmic winds de Armory est le titre qui m'a fait écrire mon premier texte en prose poétique sur le thème galactique. Par rapport au thème spatial, on peut évoquer aussi les groupes Star One et Ayreon, formations de Space Metal mêlent la thématique galactique au genre du Progressive Metal (pour Ayreon, ils jouent sur d'autres thématiques).


"Cosmogenèse" ouvre sur du vide, puis un point. Ce n'est pas forcément visible, mais il y a trois lignes qui ne contiennent rien, puis vient cet élément condensé, dans lequel tout est contenu. Le thème du texte est une écriture poétique de la création de l'univers. A partir de ce simple point, une lumière se forme dans le vide. La vue perçoit quelque chose. De fait, par un rapprochement métaphorique, le point est un œil, puisque par son apparition il est possible de voir. J'ai donc souhaité jouer avec cette image de l’œil au sein du cosmos qui s'ouvre jusqu'à exploser "silencieusement". J'insiste sur le silence : nous sommes dans l'espace, il n'y a pas d'air, donc pas de son. Cela fait partie de la poésie de ce texte : aussi impressionnantes et énormes que soient les actions qui vont se dérouler, tout est muet.
 Par l'explosion de l’œil, donc l'explosion du point, il y a dans l'univers un ensemble de particules projetées ainsi que la "pupille", un objet plus massif et plus gros, qui parcourt le néant comme un astéroïde. Je ne précise pas qu'il est gigantesque, simplement parce que, au sein de l'infini, même l'objet le plus immense semblera minuscule. Par conséquent, l'univers réduit toute vitesse et toute grandeur. Cela correspond avec l'absence de son : cette cosmogenèse est puissante comme jamais, mais tout est réduit par la superbe seigneurie du temps et de l'espace.

Autour de l'astéroïde se réunissent les diverses particules :avec l'opposition entre "cristal" formé qui rattrape la "pupille" originelle, deux objets supermassifs vont entrer en collision. Il y a de nouveaux débris qui vont plus loin encore. Se crée ainsi un mouvement de va-et-vient, entre explosions multiples et condensations extrêmes. La pupille, par la chaleur intense qu'elle produit, devient un astre qui suit ce va-et-vient. Minuscule alors qu'elle était géante, elle explose à nouveau en plusieurs parties, en divisions d'elle-même. Ces divisions suivent le même mouvement, imitent la pupille "méga-globe". Et cela se poursuit, de façon incroyable. Les astres réunissent divers éléments autour d'eux. Ces éléments sont des "particules", mais sans point de comparaison, elles peuvent être des planètes, des petits corps, peu importe. Il n'y a aucune distinction dans ce tout : la création se fait sans analyse, il n'y a que le spectacle de cette cosmogenèse. "Dans cette parcelle aphone et chaotique d'étoiles et de satellites" - car les planètes sont des satellites des étoiles -, il n'y a que l'harmonie, que la beauté.


Cette formation laisse place à plus de couleurs, à une danse des corps célestes. Des oiseaux galactiques naissent, des systèmes se forment - l'idée de l'oiseau sera à nouveau présent dans "Symphonie". Et de cette prose poétique émerge cette phrase : "dans l'infini, tout est immensément grand ou petit, de l'atome à la galaxie". Ce texte est largement sous l'influence de Lucrèce et de la philosophie atomiste et matérialiste (dans le sens de "vérité de la matière physique"), et se réfère aussi à la poésie de Supervielle.
On note au passage un jeu de mots avec les "voiles lactées" : je fais référence ici à ces photos de l'espace que l'on peut avoir sur Internet et qui montrent des sortes de voiles de couleurs. Je relie ces voiles à la Voie lactée. Je mélange deux choses différentes pour peindre quelque chose de particulier dans les couleurs et les textures.
L'esthétique se développe enfin autour de la structuration des atmosphères : après le chaos survient la folie des corps emportés dans leur mouvement qui durera. L’œil, lui, est toujours présent, qu'il soit le point originel ou l’œil du lecteur et de l'auteur. Alors que s'achève le texte, cet œil s'autodétruit. De tous les endroits où il se trouvait, des trous noirs naissent et aspirent la matière. Et si la création meurt en partie par cet œil disparu, ce trou noir mourra à son tour : "Dans le néant, la vie demeure. Car le trou noir mourra un jour à son tour."


Ce texte, au-delà de la volonté de proposer une poésie galactique, pose un regard sur le travail créatif : l'oeil qui s'immisce dans le vide de l'objet inconnu vient donner vie à cet univers artistique. Et ce regard va modifier cet espace, le dénaturer. Mais rien ne meurt totalement, et rien n'apparaît en plus que ce que contient le point originel.
Pour être franc, cet aspect du texte n'était pas prévu initialement : j'ai ressenti cela après relecture.

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