samedi 5 octobre 2013

Explication de texte : Moine

 
Jaquette de l'album The Diarist de Dark Lunacy, groupe de Melodic Death Metal

Bonjour tout le monde ! ("Salut docteur Nick !"... Les connaisseurs des Simpson comprendront =D)

On poursuit l'explication des textes des Astres fictionnels afin que vous ayez toutes les clefs du recueil en main. Et des clefs, il en faudra pour ce texte, car il est facile d'aller vers plusieurs lectures. Forcément, dès que ça traite directement de la religion, cela devient plus sensible.
Dans ce cas, je vais mettre les choses au clair grâce à cet article.


Du temps s'est écoulé entre l'idée du "Conte de la femme barbue" et celle de "Moine", presque un an. Entre temps, j'ai écrit par rapport à la vie, à la mort et à la spiritualité. Aussi, ma lecture d'ouvrage d'auteurs bouddhistes m'a guidé vers une pensée. En fait, malgré tout ce que l'on peut dire sur les religions et les philosophies de la sagesse, elles ont un point commun majeur : le rapport à l'esprit et la compassion entre les hommes. Elles contiennent ce message de tolérance, cet idéal de l'amour entre pairs dans une paix commune permise par le lien entre l'homme et l'esprit. Cet esprit est Saint dans les religions monothéistes. Dans le bouddhisme tibétain, l'esprit est en nous. Et que ce soit par la prière ou la méditation, l'homme se place dans cette posture de contemplation de l'existence, en quête d'un sens, d'une voie vers la sagesse.

Comme le précédent texte "Le Conte de la femme barbue", j'ai eu l'idée de "Moine" suite à une découverte musicale : Dark Lunacy. Ce groupe italien joue du Melodic Death Metal : pour faire bref, c'est du chant guttural et des sonorités très prononcées, très lourdes, appuyées par un aspect mélodique qui vient donner du relief. Seulement, Dark Lunacy a la volonté de vouloir augmenter ce relief mélodique, de jouer encore plus sur l'émotion, si bien qu'ils se considèrent comme un groupe de "Dramatic Death Metal". Cela ne vous dit peut-être absolument rien, mais il faut avoir cette idée de "dramatic" en tête.
Dark Lunacy a composé un album intitulé The Diarist. C'est un objet tout à fait particulier : il prend son origine dans le contexte du siège de Leningrad et évoque cette période difficile de la 2de Guerre Mondiale. Le but est de faire quelque chose de poignant, dans lequel l'instrumentation extrême aura du sens auprès d'une sensibilité. Entre autre, j'ai écouté Aurora : elle ouvre sur des chœurs qui ont quelque chose de religieux, avant de poursuivre sur la musique même .

Dans le même temps, alors que j'étais en stage dans une classe de CM1, les élèves avaient eu une écoute de chants grégoriens. Tout concordait pour que j'écrive à propos de cette thématique monastique.

Ma première idée, qui liait la brutalité de la musique avec le religieux, a été une explosion. Le texte est né alors que j'avais anticipé une arrivée fracassante contre ce moine. J'avais extrait la violence, il fallait désormais apporter l'élément sensible, "dramatic".
J'ai ainsi décidé d'ouvrir le texte sur une prière. C'était un exercice difficile, parce que je ne savais pas vraiment si c'était crédible. J'ai lu des passages de livres sacrés, mais ça ne m'aidait pas forcément. Finalement, je me suis dit que le plus important était la sincérité de la prière. J'ai dès lors fixé le personnage : il est un truand en fuite qui cherche la rédemption - encore une fois, je ne vais pas forcément dans l'originalité. Et j'ai lâché toutes brides, j'ai écrit en me mettant dans cette situation de bien-être, d'exaltation.
Je me suis laissé porter par cette ambiance, j'ai désiré proposer quelque chose d'apaisé, de tranquille et de poétique au sein du monastère. Montrer aussi la pureté de ce rapport entre les êtres unis auprès d'une même entité, cette entité qui les fait chanter et qui, dès les religions polythéistes, a apporté un mystère au monde, ce mystère qui a fait composer.
Le passage du chant accompagnant l'entrée dans la chapelle puise directement dans les chants grégoriens que j'ai entendus. J'ai été saisi par les différents voix, j'ai tenté de retranscrire cette richesse ainsi que cet état de quiétude dans lequel rentre complètement le moine. Quiétude qui se traduit par cette hyperesthésie, cette convocation de tous les sens durant cet instant.
Vient alors cette peinture du dieu qui est la représentation du changement même, une figure du temps. Comme pour "Blanche obscure" plus tard, l’À rebours de Huysmans a laissé sa trace : la description que fait l'auteur de la Salomé de Gustave Moreau m'a beaucoup plu, j'ai souhaité rendre par écrit une peinture impressionnante. Toutefois, je voulais que cette œuvre ait un sens, que cette représentation signale quelque chose. Elle permet une réflexion personnelle : c'est comme cela que je ressens la divinité.
Et tout explose. La suspension du moment durant ce rituel prend fin par l'intrusion. En soi, cette partie là n'a pas besoin de plus d'explication que cela : on vient dans l'action, on retourne dans l'urbanité. Le moine se fait rattraper par le passé. L'idée était de montrer que, aussi belle que puisse être la voie monastique, elle n'est pas une solution : on est au sein d'un monde, il faut vivre avec lui.

Il ne faudrait pas se méprendre sur mes intentions. Je ne suis pas là dans une critique de la religion, et jamais dans mon recueil je me mets dans cette situation. Au contraire, j'ai été dans la sensibilité et je n'ai rien remis en question. En somme, j'ai emprunté des éléments religieux et j'ai tout remis à sa place. Tout dans ce texte sert à planter un décor et, surtout, à guider vers une observation de la spiritualité de manière générale.

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