jeudi 17 octobre 2013

Explication de texte : Monologue

 
Sur cette photo, je jouais un monologue.

 Bonjour, amis lecteurs !

Je le rappelle : le recueil est toujours disponible. Aussi, n'hésitez pas à le partager.

Début 2013, j'avais achevé l'écriture de quelques textes. Un soir, j'ai eu l'idée d'un monologue, de paroles que partagent un personnage. En fait, après la conception de plusieurs éléments, je me suis penché sur quelque chose à la première personne pour une réception immédiate. Aussi, il fallait que je m'exerce au style du discours pour qu'il soit proche du naturel - je dis "proche" car, à mon sens, tout discours écrit est artificiel.


Ce texte s'inscrit dans le projet initial du recueil : on prend un personnage qui n'a rien de particulier en soi et celui-ci interroge son existence par rapport à ce qu'a vécu son meilleur ami tombé dans le coma. Comme la "Boîte de Jazz", on reste dans le domaine Blues Rock, avec cette ambiance de motards. L'alcool est aussi présent. Du coup, on pourrait penser que ma vision de "quelque chose de direct et d'urbain" se cantonne à ces aspects d'alcoolisme autour d'un style musical. Absolument pas. C'est simplement que, durant les phases d'écriture, je vis certains évènements et, parfois, mon esprit est focalisé sur un élément. Ici, c'était le Blues d'un homme errant.

Voilà comment nous pourrions qualifier ce texte : c'est un Blues en toute sincérité. Le personnage fait le point, questionne et analyse. Il avait tout pour réussir, il a eu de la chance, cependant il s'est perdu. A l'inverse, son ami qui semblait avoir tout perdu a eu la chance de revenir à la vie et il l'a saisie. Il y a une dualité entre ces amis : tous deux ont eu une seconde chance qui n'a pas donné les mêmes conséquences. On pourrait avancer l'idée que le destin rattrape le personnage principal : son ami est tombé dans le coma suite à l'accident tandis que lui s'en est sorti et, de fait, le protagoniste doit payer en allant "de comas en comas". Ce n'était pas dans mon projet, parce que je ne suis aucunement la pensée d'une force justicière. Je préfère rester sur la dualité.

Si l'alcool est présent, ici il répond à une poursuite du passé. En somme, ce n'est pas l'alcool le moteur, comme pour Christian - l'alcool n'est jamais un moteur dans mes textes ! L'alcool n'est qu'une passerelle, qu'un moyen. Dans ce cas-là, le personnage qui a perdu son pote de fête refuse cet accident, et part à la recherche d'une continuité. Par conséquent, vous comprenez pour quelle raison je me suis attelé à ce texte : il présente cette pensée naturelle qu'ont certaines personnes à refuser qu'une chose cesse. Et la dualité des personnages prend du relief : celui qui s'en est sorti indemne n'a rien retenu, il s'est perdu dans la volonté de préserver, tandis que celui gravement blessé a lâché prise, et est passé à autre chose.
Viennent alors les regrets, marquées par le répétitions de : "T'es vraiment un pote". L'objectif était de lancer quelque de plaintif, de lancinant dans la reprise de cette formule qui, en allant de plus en plus profondément dans la peine, le conduit aux larmes. Jusqu'à la conclusion. Dans un renversement, celui donné pour mort revient à la vie, celui qui avait toutes les armes abdique. Le personnage qui a la parole était mort depuis le début, ceci était le monologue du défunt.


On a l'impression, pour le coup, d'être face à un texte qui ne correspond pas à ce qu'il est. Il se donne pour un monologue standard, il lorgne en fait du côté de l'imaginaire : un mort, ça ne parle pas. Ce que je dis là, je n'y avais absolument pas pensé. Mais, en y réfléchissant lors de la rédaction de cet article, j'y vois un lien : comme ce texte, la vie et la mort ne sont pas comme elles nous apparaissent. La vie semble complexe, la mort, insurmontable. Ce qu'enseigne Sogyal Rinpoché - je le cite encore, parce que son livre a vraiment appuyé mes idées - c'est qu'elles ont un apparat complexe. Notre but, c'est de mettre ces réalités à nus, de nous les approprier. D'ôter les superstitions.
En somme, ce lien non-prévu dévoilé ici-même, il répond à un autre texte, "Cadavre sonique", dont l'explication viendra bien plus tard.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Une réaction ? Un commentaire particulier ? Faîtes-moi savoir : partagez !