mercredi 27 novembre 2013

Explication de texte : Dans le ventre de la terre


Bonjour à vous !

On parcourt aujourd'hui un texte qui a une place particulière dans l'ensemble de ma production. Elle répond en fait à une musique qui a été présente en moi depuis mes 5 ans, lorsque j'ai découvert le jeu Illusion of Time (Illusion of Gaia en version NTSC). Je ne le savais pas encore à cette époque, mais la mélodie d'une des chansons m'avait marqué. Dès que je l'entendais, j'en avais des frissons. Aussi, elle m'évoquait des rêves, une quiétude. Grâce à Internet, j'ai pu retrouver cette musique légère, céleste au point d'en être galactique : In the Earthen Womb.
Le moment où l'on découvre cette musique dans Illusion of Time est assez significatif. Afin de sauvegarder la partie, on doit entrer, par un portail, dans un lieu spatial et parler à une statue. Pour une raison qui m'échappe, la statue nous demandait : "Veux-tu continuer ton périple ?". Si l'on répondait par la négative, elle nous disait : "Alors, repose-toi". Le personnage disparaissait, il ne restait alors que ce lieu, avec cette statue, sur un décor qui défilait et se répétait, avec cette musique. Rien d'autre. 
Comme si nous avions pénétré dans le néant.


Si j'explique cela, c'est parce que ça soutient le texte qui porte le titre de cette musique. L'idée du texte m'est apparue au moment où je m'endormais. Cette musique se jouait dans ma tête, des phrases se sont agencées. A mi-chemin entre le sommeil et un état conscient, j'ai saisi mon carnet pour poser ces phrases. J'ai conservé l'aspect lapidaire des mots lancés à la va-vite. J'ai un peu arrangé quelques phrases, mais la base était là : un texte à la charnière, un peu mystérieux, en prose poétique.
Nous restons sur une observation de l'existence. Après avoir vécu, il ne reste plus qu'une ultime expérience : celle de l'extinction, de l'évanouissement, revenir "à l'état de matière pure", en opposition à l'état "d'agrégat d'atomes conscients". La vision que j'avance ici est assez atomiste : nous ne sommes qu'un agencement particulier d'atomes qui nous permet d'avoir une conscience. Je ne suis pas les préceptes de cette école, mais - et je pense que vous l'avez compris - j'emprunte une partie de leur pensée matérialiste qui, en un sens, rassure. Comme le dit Lucrèce, elle enlève la peur des dieux, de courroux inexpliqués, d'un déterminisme déprimant. Nous avons des limites, bien entendu, mais aussi un libre-arbitre que notre matière nous permet de réaliser.
Dans ce texte se trouve le fait d'accepter la mort : encore une fois, même si c'est douloureux de lui faire face, l'ignorer ne fera que repousser l'échéance. En tant qu'être, "il faut que [l'on s'éteigne] pour avoir tout connu", pour revenir entièrement dans l'énergie de l'univers. Parfois, même la Bible fait preuve d'atomisme lorsqu'elle enseigne : "Souviens-toi que tu es né poussière et que tu redeviendras poussière." Nous venons au monde par une rencontre d'éléments primaires, nous le quittons en répandant notre matière, en nourrissant la terre et le ciel. Ici se trouve, à mon sens, l'idée de vie après la mort : ce qui constitue notre corps, notre matière, ne disparaît pas. Elle se modifie, se disperse, se réagence. 


Ainsi j'affirme que cette expérience finale ne profite qu'au vide que nous ne voyons pas, comme une sagesse que le temps préserve farouchement. De fait apparait ce qui rend la vie mystérieuse, mais qui lui confie aussi toute sa puissance : sa vacuité. La série "Bref" résumait les choses de manière comique : "Dans la vie, au début on naît, à la fin on meurt. Entre les deux il se passe des trucs." Mais, effectivement, entre les deux nous vivons et, comme dit dans l'explication de "Danse-Mort", nous ressentons, nous jouissons. Saisissons ce que la vie nous apporte, en toute simplicité : l'émotion pure purgée de toute peur. Se savoir soumis au temps, apprendre à prendre du recul, pour mieux apprécier ce que l'on a.

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