samedi 9 novembre 2013

Explication de textes : Exaltation et Symphonie n°2

Le set d'armure de Smough du jeu Dark Souls qui a inspiré l'idée de l'Exalté

Bonjour, vous tous !

Dans l'ordre du recueil, après la "Symphonie", on ne quitte que très peu l'univers musical. Un soir que je rentrai de cours, je m'étais engouffré dans le bus. Avec le changement d'heure récent, il faisait nuit trop tôt, cela fatiguait davantage. C'est pour palier à cette fatigue que j'ai toujours l'habitude d'écouter de la musique : cela permet de se recentrer. Alors, soudain, surgissent à mes oreilles une mélodie inhabituelle d'un groupe que j'avais tout juste découvert : Holy Land de Angra.
Dès les premières notes, un frisson m'avait parcouru. Je m'étais dit alors : "J'écrirai sur cette musique".
En dehors des paroles et du projet du groupe, j'ai ressenti cette musique comme quelque chose de pur, de doré et de naturel. Ma première idée a été d'écrire autour d'une terre primitive vide d'hommes. La première phrase vient présenter ce caractère, comme l'ouverture de la musique m'a fait ressentir que l'on plongeait dans autre chose. 


Le principal objectif de ce texte était de proposer quelque chose de sensible, qui évoque la bestialité tranquille et la quiétude absolue. De fait, puisque je voulais du poétique, je me suis inspiré du poème de Leconte de Lisle "Le rêve du jaguar" qui présente une jungle luxuriante, très picturale, avec un fauve superbement bien décrit. J'ai toutefois choisi la panthère comme animal au lieu du jaguar, par simple préférence. Me concentrer sur les mouvements des panthères et les présenter allongées sur des roches proviennent de ce poème. J'en garde aussi l'attention portée sur l'ensemble de la faune. Après, l'ambiance est totalement différente : on est ici dans un âge d'or dans lequel le besoin n'existe pas. Il n'y a pas grand chose à expliquer ici : j'ai procédé à une description qui file selon le cours d'eau, qui permet un mouvement naturel, tout en fluidité, vers l'ensemble des espaces.

Initialement, ce texte était gratuit : il ne racontait rien. Je voulais qu'il provoque l'imagination d'un territoire particulier. Seulement, à cette période-là, j'avais aussi découvert le jeu Dark Souls. Quel rapport entretient ce jeu vidéo sombre assez ardu avec la musique et le poème cités avant ? Aucun, sauf qu'à la fin du jeu j'ai obtenu un équipement particulier : l'armure de Smough. Alors que je pouvais observer cette armure sous tous les angles, le visage étrange qui orne le casque m'a donné l'idée d'une statue de bronze d'un être garant de l'équilibre. De fait, "Exaltation" a pris une nouvelle dimension par rapport à l'existence.
Si l'idée de la course des panthères étaient déjà présente dans mon esprit après l'écoute de Holy Land, j'ai poursuivi par cette figure qui dirige le calme. Par la description qui en est faite, c'est à dire "créée à partir de rien", qu'elle est une sorte de divinité immobile mais dont l'action est présente. C'est une représentation du temps, véritable seigneur sur la vie et la mort.


Toujours par la musique, nous basculons du côté de la "Symphonie n°2". Contrairement à la première tentative qui se concentrait sur le lien avec des créations existantes et la volonté de faire quelque chose de dense, ce texte musical se rapproche d'une méthode plus modeste. En fait, il n'y a réellement qu'une seule musique qui a servi de base : le Painkiller de Judas Priest. Je voulais utiliser le solo de batterie et la fougue de ce titre ainsi que l'idée du destructeur de souffrances. Face à ces éléments aussi puissants, il me fallait une situation désespérée.

Le point de départ de ce texte a été imaginé autour de l’agglutinement : des êtres sous la domination d'un tyran ne parviennent plus à vivre. L'originalité n'est pas ma clé de voûte, je préfère plus l'aspect poétique. Ici, la situation va de pair avec une musicalité imaginée. Lente, traînante d'abord. Puis la description littéraire s'accompagne d'une évocation par la musique. Il y a une correspondance, une illustration par ces deux éléments. D'autant que la musique se trouve personnifiée : elle donne du relief autant qu'elle participe à l'histoire. Et le sens à donner à la musique n'est pas complexe : j'ai voulu qu'elle soit le plus explicite possible. Je me suis concentré ici sur du plus modeste, je l'ai déjà signalé.
Au passage, puisque j'ai parlé de l'écriture, je m'excuse de la répétition de "serrer" après "Sauf lui." C'est franchement laid, je corrigerais cela si je dois effectuer une nouvelle mise à jour du recueil.
Nous retrouvons, pour la paralysie, une basse vibrante qui s'abat tel un fouet monstrueux et une guitare qui renforce la lenteur. Il y a ici une inspiration Doom Metal, notamment du titre éponyme de Black Sabbath. Après cette introduction à la douleur, le Seul résistant, malgré tous ses efforts, trébuche. Il a une fulgurance en voyant le caillou sous son nez. Les phrases nominales marquent cette accélération. Avec l'appui de l'accord, quelque chose de prodigieux se produit : il s'est rattrapé. La résistance se réveille une nouvelle fois. L'esprit, face à cette vision fugace de la mort, retrouve cette hargne de vie. Le Seul sent que "ses veines gonflent d'un sang nouveau". Par la répétition de « Instant », il fait face à une seconde fulgurance : celle de la vérité de leur condition avec, au-delà, l'espoir de notes nouvelles.


Malmené mais pas désarmé. Alors le Seul, par les questions qui fouettent son âme, se lève, se ragaillardit. Ce moment correspond à une réelle prise de conscience que l'on peut avoir : pourquoi ? Pourquoi subis-je, alors que je peux me défaire des illusions et revenir à moi ? "Faire tomber les colonnes de superstitions", comme affirmé dans "Death met all". Voir au-delà, saisir notre nature d'être fuyant, de note fugace. Embrasser la musique de l'existence sur la portée des jours !

Il n'y a rien de neuf dans les idées : celles-ci ont été présentées par "Death met all". Mais ce texte a été écrit un an plus tôt. Et pour signifier cette idée de la puissance retrouvée par la conscience de soi, j'avais écrit ce retour d'une musique orchestrale, magnifique et riche, telle une « fanfare de guerre ».
Cependant, cette lutte est mise à mal : rien n'est facile dans la vie, il faut se renforcer, surmonter les épreuves. Le défi ici est dans l'apparente invincibilité des illusions qui envahissent l'être comme des "claquements d'os secoués". Pour désigner cette force qui semble insurmontable, je suis resté dans le Brutal Death Metal, notamment avec le titre Kheftiu Asar Butchiu de Nile dont le batteur, par des coups de cymbales surprenants, semble mimer ce bruit particulier d'ossements dérangés. On le voit bien ici : l'ennemi est une vision faussée de la mort, une illusion. Il tire un triangle, arrête le temps soudainement. Dans le silence imposé, le néant dirige encore. Mais ce néant ne peut demeurer, car le temps ne se fige à aucun moment. La peine ne dure pas, d'ailleurs vient l'espérance avec le retour de la guitare et d'une flûte timides. Mais surmonter les troubles nous semble impossible – et le Seul souffre de ses faiblesses. Il faut savoir s'ouvrir aux autres.

Alors arrive le secours du Destructeur – le Painkiller. L'arrivée d'un tel personnage héroïque se fait dans une esthétique très Heavy Metal : déchaînement de puissance, de vélocité, d'énergie. Car ce genre vaste qu'est le Metal contient tout un panel d'émotions, à l'instar du Blues. Et ce Painkiller de Judas Priest, ainsi que les groupes musclés de Heavy Metal tels que Raven ou Heavy Load, me stimulent, me galvanisent. Elles enfoncent leurs grosses semelles dans la boue des moments et laisse leurs empreintes. A la réécoute des musiques, on retrouve ces émotions particulières, et on sent que nous sommes certes soumis au temps, mais que cette absence de permanence nous permet d'aller de mélodies en mélodies, de vivre véritablement.
Cette symphonie littéraire se conclut par une légère surprise : le Painkiller est une femme, la Destructrice. Pour le finale de ce texte, l'objectif était de proposer un tableau avec des évocations saisissantes. Car ici se terminaient, au moment d'écriture, mes envies d'écrire la musique... Avant que ça me revienne en 2013.



Finalement, "Symphonie n°2" se rapproche bien plus d'"Exaltation" que de ma première "Symphonie". Les deux textes présentés dans cet article ont cette même esthétique de la joie de vivre, de l'envie de chanter cette existence fuyante. Il faut faire attention toutefois à ce que cela sous-entend : je ne cherche pas à saisir et à garder l'emprise sur ce qui ne durera pas. L'instant est fugace, l'écrire permet de créer des balises. Pour savoir où l'on est en ce moment-même, il faut connaître le chemin parcouru. Aussi, lorsque j'évoque la puissance de vie et la joie, ceci inclut l'ouverture aux autres. Ceci est contenu dans les textes suivants, mais jamais le plaisir de notre propre vie ne doit empêcher l'exaltation de l'existence des autres. Cette idée, d'ailleurs, je l'ai présentée dans la "Symphonie n°2" : au-delà de nos potentialités, il faut savoir s'ouvrir aux autres.

2 commentaires:

  1. J'aime la diversité des sources que l'on retrouve dans ces textes, c'est très éloigné mais lié à la fois ! =]
    Et puis ces explications ça permets de s'imprégner d'avantage de toute l'atmosphère et ambiance du texte !

    Ah mais cette armuuuure ! Je peux pas, elle me ... brrrrrr !!! xD
    On dirait un gros lourdot "popopopom" x'D

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    1. Oui c'est pas l'armure la plus glamour, et beaucoup de joueurs lui préfèreront le set d'Ornstein qui est bien plus classe =)
      Et les vrais joueurs préfèreront des armures moins encombrantes car l'esquive, il n'y a que ça de vrai dans Dark Souls =]

      Plein de choses rentrent en compte : la diversité des inspirations engrange la diversité au sein du recueil. =D

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