mercredi 4 décembre 2013

Explication de texte : Quête

La photo qui a inspiré le début du texte Quête : une aube hivernale à la lumière agréable
 
Bonjour à tous et à toutes !

L'hiver dernier, je passais quelques moments entre festivités et solitude. Plusieurs fois, face à ma fenêtre, j'observais les effets de la saison froide. Comme j'avais relu, un jour, le texte "Foyer", je pensais que je pouvais aller plus loin sur l'ébriété. Je m'étais mis alors à écrire par rapport à une expérience que je n'ai pas vécue, avec un personnage qui ne me correspond pas. Prendre du recul pour mieux analyser et comprendre une quête.


Le personnage de ce texte cherche le grand frisson, l'éclat de sa vie par l'ivresse. Comme je l'ai déjà dit auparavant, ceci est un leurre : et si la cigarette et l'alcool apportent un lot d'émotions, si elles clouent l'être durant un instant autour d'une paralyse tournoyante, les "lumières de l'univers" ainsi déployées s'apparentent au délire. Ce texte sert à affiner ce que j'ai déjà défini, à donner du relief. Quand je parle "d'union à l'instant", de savoir qui l'on est, je me préserve de l'idée d'accepter toutes les dérives de l'homme : il faut au contraire affronter ses peurs et ses vices, surpasser ses travers. L'alcool n'est pas une solution, mais une fuite qui ne fait pas voir la réalité en face et qui ne permet pas de l'embrasser totalement.
J'ai profité aussi de ce texte pour revenir à "l'expérience de proximité avec la mort". Seulement, cette expérience n'est pas à provoquer, car c'est une autre déviance, une erreur. Il faut voir les choses comme elles sont et, pour cela, il faut s'assoir, s'unir à soi et au temps, et se définir par le rapport que nous entretenons avec cette course continue. Cette course, nous pouvons la percevoir dans le nudité de l'instant, c'est à dire un temps où l'on ne fait rien d'autre que faire face à soi - par la prière ou la méditation. On voit ainsi le néant dans ce temps qui passe. Face à ce néant, on peut se sentir faible - comme le personnage du texte - ou choisir d'habiller l'instant, de le rendre conscient : choisir de se sentir vivant par rapport au temps. Se connaître soi-même, sans illusion. Ceci est illustré par les propos que le cerveau veut présenter au personnage, et débouche sur cette phrase : "Parce que la matière m'a donné corps, et parce que cette même matière se changera, se décomposera et donnera corps à autre chose, je dois vivre." Ce personnage ne saisit pas cet enseignement, alors qu'il apporte le grand soulagement de l'absence de crainte. 


Le texte finissait initialement sur ces mots : "Préserve la totalité : au-delà des cieux demeure le vide". Ceci signifie que la vie a deux faces : vie et mort. J'ai toutefois ajouté à cela deux paragraphes. Le premier est sur le fait de la méditation. Pour se situer dans le présent, il est bon de laisser des bornes derrière soi pour que le chemin parcouru soit illustré d'émotions, de souvenirs. "Habiller l'instant" par un rapport sensible permet de comprendre que nous parcourons un chemin, que nous allons de sentiments en sentiments, "comme sur une flûte on va de notes en notes", pour reprendre un vers de "La Sphère" de Supervielle (un poème que j'apprécie beaucoup par l'aspect galactique). Le passage entre ces émotions signifie notre lien au changement. Ce texte est en lien avec "Dans le train, notes fulgurantes" de décembre 2012 : l'émotion, et l'art donc, posent un état que l'on peut retrouver par la suite. Ils nous permettent de nous comprendre.
Le second paragraphe a été réalisé suite à la lecture d'un livre pour enfants écrit par Stephen Hawking, Georges et les secrets de l'univers. A la fin de celui-ci, il avançait une théorie sur les trous noirs : alors qu'on les voyait comme un point de néant absolu, il s'avère que, plus ils absorbent de matière, plus ils grossissent. Or, dans l'univers, plus les corps deviennent complexes, plus ils se fragilisent (en témoigne les atomes très complexes instables qui servent pour les centrales nucléaires). Lorsque le trou noir devient trop gros et trop fragile, sa structure se désolidarise, et sa matière s'expulse. Cette théorie répond à une loi : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme (et, pour cette loi, déjà, dans l'Antiquité, le poète et philosophe Lucrèce l'avait défini). J'ai souhaité faire un lien entre mes idées, la poésie matérialiste de Lucrèce et la science pour signifier que la mort n'a pas à effrayer : elle est un processus naturel. D'autant que c'est par cette loi que je comprends la réincarnation qui - et ça ne regarde que moi -, définit le fait que la matière demeure mais se change au fur et à mesure. Et ce qui vaut pour l'infiniment petit vaut pour tous les niveaux de l'univers - que ce soit à l'échelle humaine ou galactique.


Un tel texte signale les multiples inspirations. Par conséquent, on sent la réalité des enseignements bouddhistes lorsqu'ils affirment que la vérité n'est pas univoque, elle est dans la multiplicité des couleurs et des pensées. Les scientifiques, les philosophes et les poètes ont convergé sur certaines idées essentielles. Après, il y a bien sûr de nombreuses ramifications dans chacun de ces domaines, mais, au sommet, nous avons ce message qui ôte l'apparat de l'illusion autour de la mort, et nous rassure.
Par ces textes, je veux que soient partagés ces éléments rassurants.

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