mardi 14 janvier 2014

It's the wind... Of change...

 
Scorpions - Wind of change


 Bonjour tout le monde !

Si vous avez jeté un coup d'oeil au recueil ou aux articles d'explications, vous avez remarqué que le thème du temps et de ses changements me plaît bien. Il présente l'impermanence de l'existence, le fait que rien ne reste figé. 

Mais parfois, on aimerait bien que ça dure un peu plus longtemps, que ça ne change pas aussi vite... Comme le disait Lamartine :
"Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !"

Ceux de ma génération vont sans doute comprendre de quoi je parle. Je veux dire, quand on a suivi les Minikeums pendant des années, et que l'on se voit, au début des années 2000, faire face à cette bouse épurée qu'était MNK, on s'est tous dit : "Mais non ! Pourquoi ça ? Plus de chansons, plus de blagues, juste des marionnettes pour faire transition ? Mais non !"

Ne croyez pas que c'est pas sans conséquence : en tant qu'enfants, revenir de l'école pour regarder les dessins animés, c'était sacré ! Il ne fallait pas toucher à ce moment-là de notre journée, ou du moins pas de cette manière !

Autre exemple, peut-être plus général : la fin d'une série télé'. Quand une série arrive en France, on la regarde avec enthousiasme et on la suit assidument. Avant Internet, c'était LE rendez-vous à ne pas manquer - peut-être même certains ont acheté un magnétoscope EXPRÈS pour seulement enregistrer quand on n'était pas disponible au moment de la diffusion. Parce que, bon, faut pas charrier, on allait pas attendre des lustres pour avoir la rediff', non mais ! Avec le web, c'est bien plus facile de suivre sa série favorite.
Mais là où ça coince c'est quand, d'un coup, on nous annonce que c'est l'ultime épisode... Là aussi, avant l'avènement de la toile, on était au courant de ça soit sur le tas (un épisode, soudainement, se place comme la conclusion de plusieurs années de divertissement télévisuel !), soit par les magazines (qui, je pense, finissaient à la poubelle par des personnes navrées d'une telle nouvelle). Aujourd'hui, on sait à peu près quand ça va s'arrêter. 
Mais, peu importe l'époque, peu importe la série, peu importent les personnes, cela revient au même : on est déçu et l'on se dit "Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir regarder maintenant ?". On se dit que la télé' n'a plus rien de bien à proposer. Surtout que, très souvent, une fin de série est synonyme de départ fâché : la conclusion déçoit.
 Lost s'est bien foutu de nous, Desperate Housewives termine en une grosse ouverture qui ne mènera à rien, Mariés deux enfants se clôt sur pas grand chose, Malcolm flaire bon la fin faite à l'arrachée, Dexter aussi s'est foutu des téléspectateurs, Scrubs a fait les choses de façon correcte, avec simplement un retour sur l'ensemble de l'aventure, Hokuto no Ken étire à outrance le combat final pour un dernier épisode qui n'est qu'un ensemble de flashbacks ridicules... Les exemples sont légions.
Cette fin, ça se vit un peu comme la mort d'une création, et ça blesse un peu. C'est le changement : la fin d'une chose qui induit une nouvelle naissance.
Scrubs aurait mieux fait de ne rien créer après la saison 8... D'ailleurs, le Scrubs 1.5, qui est la saison 9, a été annulée en cours de route parce que c'était devenu n'importe quoi !


On n'aime pas quand les choses changent trop brutalement. Si on est préparé, ça va, il suffit qu'il y ait les formes... 
Mais, parfois, les gens braillent quand ça ne change pas : faudrait savoir hein !
Je prends l'exemple des jeux vidéo. Beaucoup de personnes se plaignent de Nintendo qui, à chaque console, propose des épisodes de leurs sagas cultes : Mario, Zelda, Metroid, Mario Kart par exemple. Dans le cas de Mario, Zelda et Mario Kart, le constat des opposants est simple : "C'est les mêmes personnages, c'est toujours le même scénario, ça pue du cul, Nintendo se fout de nous." Je suis convaincu que si Link ou Mario cédait sa place à un autre personnage, que si un changement un radical était produit, ils seraient les premiers à dire : "Mais c'est la mort des icônes du jeu vidéo !".
Je trouve que, justement, Nintendo joue bien avec le changement : ils préservent un fil rouge avec leurs icônes phares. Mais les jeux, en eux-mêmes, changent radicalement. Mario Bros sur NES n'a rien à voir avec Mario 64. The Legend of Zelda A link to the past n'a aucune comparaison possible avec The Legend of Zelda Ocarina of Time ou Majora's Mask. Ils modifient leurs jeux, pensent à proposer autre chose, tout en préservant une base familière et rassurante : en somme, c'est ce qu'on veut dans la vie, avancer en ayant, près de soi, quelque chose de familier et confortable.

Du coup, ça me fait penser à ces musiciens qui, d'un coup d'un seul, change radicalement d'orientation musicale. Là aussi, le souci est le virage violent qui est emprunté. Si l'artiste procède progressivement, ça marche très bien. J'ai l'exemple du groupe Amorphis, qui a commencé dans les années 90 avec du Death Metal qui était en vogue à cette époque dans les pays du Nord. Peu à peu, ils ont posé des bases de ce que l'on appelle le Melodic Death Metal : comprenez là qu'au lieu d'aller vite, ils cherchent aussi à créer des lignes mélodiques très marquées qui vont renforcer un aspect de la musique (émotion, côté dramatique etc). Puis, ils ont ôté l'aspect Death pour ne faire que du Metal mélodique : plus de chants growl (grognés), désormais il y a une voix claire sur une base instrumentale purifiée et des mélodies prononcées. Si ce groupe était passé de leur Death Metal du début à ce qu'ils ont commencé à proposer fin 90 - début 2000, ils aurait perdu tout leurs fans, purement et simplement.
D'ailleurs, puisque j'en suis aux changements dans la musique... Préparez-vous, fans de Johnny : il ne sera pas éternel. Je dis ça parce que, quand sa carrière musicale s'arrêtera, ça fera grand bruit, et la déception va pleuvoir en cascade. En même temps, il a été suivi pendant des dizaines d'années et, comme les séries, un tel changement montrerait que toutes ces années sont terminées...


Mais sachez une chose : quand une création cesse, quand le changement devient visible, cela lui permet de se cristalliser. La création, une fois achevée, n'est plus soumise aux mouvements, elle reste telle qu'elle est. Vous pourrez toujours parcourir à loisir ces créations, en vous disant que, de toute façon, vous savez où ça prend fin.

Le changement est une chose difficile à admettre, pourtant nous le côtoyons tous les jours, tout le temps.

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