vendredi 12 septembre 2014

Prends du recul avec les média, ta vie s'allègera

 
Juste pour dire : cet homme a affirmé ça alors qu'il a acheté un site d'information...


Bonjour à tous !

Vous le savez autant que moi, le monde actuel, c'est un chaos informe. Il y a des guerres partout dans le monde. Tous les jours apportent leur lot de crimes, délits, vols, viols, meurtres, trafics, magouilles, drames. Parce que nous, personnellement, nous vivons cela tous les jours.

Ma dernière phrase est délibérément ironique. Si nous avons connaissance de toutes ces choses, c'est par l'action des média, qu'ils soient sur Internet, journal papier ou à la télévision. Avant de poursuivre, sachez que je ne suis pas foncièrement anti-média. Mais des éléments rencontrés dernièrement ont réactivé une certaine pensée que j'ai vis-à-vis des média, et partagée par beaucoup de personnes.

A savoir cette question ténue : où se trouve la frontière entre divertissement et volonté d'informer ?


Dernièrement, le site jeuxvideo.com a été racheté par un businessman. Sur le site, cela est présenté comme une aubaine, le monsieur est annoncé comme l'avenir du site. Bien évidemment, vu qu'il en est le principal actionnaire, on ne va pas contre-dire cette donnée-ci ! Il faut savoir une chose : jeuxvideo.com est devenu, depuis quelques années, le bastion de l'anti-information. Entre les news faîtes exprès pour alimenter les trolls (ceux qui gueulent à tout bout de champ), autrement dit des "news à clics" pour avoir le plus de visites (les revenus étant indexés sur le nombre de visites), les tests étrangement élogieux pour des jeux plus que contestables (le 3615 Usul a bien épluché cela), on était en droit de se demander si ce site d'information n'était pas devenu une aire de grand divertissement, dont le simple but est d'amuser l'internaute par des joutes verbales et de lui faire lire ce qu'il veut lire, à savoir que le dernier Call Of Duty est bon et qu'il doit l'acheter.

En somme, jeuxvideo.com est anti-informatif. Bien qu'il tente de rendre cela moins visible par "l'avis des lecteurs", on sent que les tests sont faits très vites et que les news dépendent de la popularité des jeux et du budget marketing alloué à ces jeux par les éditeurs. Du coup, on n'est pas dans un système informatif qui va chercher à montrer toutes les choses au même niveau. Il y a des enjeux économiques, tout est calculé selon les lois du marché, ici du jeu vidéo. 

Dernièrement, ce site a donc été racheté. Et ce businessman qui, en apparence, avait l'air sympathique, n'est rien d'autre que l'archétype du genre : il achète sans faire de cas de ce qu'il achète.
Attention, la vidéo présentée est orientée, il ne faut pas jeter les pierres sur cet homme. Entre le discours tout rose du site et cette vision propre au youtubeur, il faut un juste milieu : https://www.youtube.com/watch?v=g99YWLlkWno

En somme, que retenir ? Cet homme se moque de l'information et ne veut que du divertissement et, dans le divertissement, nous nous mettons en objectif de donner à entendre ou lire ce que les gens veulent. Car le divertissement est dans le plaisir, il faut faire plaisir à son destinataire. 
Cet homme s'aligne sur les lois du marché et la volonté de profit par les règles du marketing internet, notamment la visibilité. A tel point que "le rédac chef, c'est Google". Sans doute ne pensait-il pas à mal en disant cela, mais l'idée est claire : les journalistes n'écrivent que pour être visibles, le but étant le profit, le profit étant du côté des grosses licences. Le site est donc à la merci des gros éditeurs dont on doit dire du bien, par extension.

Avec de telles pratiques, comment pouvons-nous voir jeuxvideo.com comme un site d'information ? Ce n'est clairement plus le but : un tel changement d'actionnaire montre que ce site a la corde au cou, laquelle est tenue par le marketing et le profit. Le site a des comptes à régler avec le marché du jeu vidéo, car une note va gonfler ou plomber les ventes d'un jeu. Il y a des magouilles, des gros sous derrière. Ce site n'est qu'une vitrine par laquelle vous en aurez plein les yeux, rien de plus.


Maintenant, pourquoi je me suis autant penché sur ce cas ? Parce que cette récente affaire met au jour le nerf même du journalisme. Il y a bien longtemps que la télévision a basculé du côté du marketing, plusieurs chaînes télévisées sont tenues par des géants de l'industrie mondiale. Je ne vous apprends sans doute rien, mais les financements se jouent par des grands groupes.
Par ailleurs, la télévision est régie par une autre donnée : l'audimat. Du coup, quel est le but d'une chaîne de télé' ? 
Elle doit rapporter de l'argent pour les actionnaires.
Pour rapporter de l'argent, elle doit mobiliser un public fidèle.
Pour que ce public revienne, il faut lui donner ce qu'il recherche.
Dans le cas d'un journal télévisé, qu'est-ce qui accroche le public à son poste ?
Pourquoi le 19.45 de M6 a réussi à rivaliser avec les autres journaux ? Par le créneau horaire ? Non, mais par le contenu. Regardez bien ce JT, et vous comprendrez le schéma : crimes, insécurité, critique de la politique, encore des délits et des faits-divers troublants puis, en dernier lieu, une petite pommade, genre la foire à je sais pas quoi ou l'arrivée d'un acteur ou la sortie d'un truc.

Tout, absolument tout dans ce journal sent la sensation. Ils ne sont là que pour ça : divertir ! Le public attend d'avoir des faits-divers ou la suite d'un procès ou la conséquence d'un crime commis, car cela permet soit d'alimenter les débats stériles type "le monde est trop violent aujourd'hui" ou de soulager les gens en leur faisant penser "ah ben chez moi ça n'arrive pas, ouf !".
Seulement, nous ne sommes pas dans de l'information : si nous étions dans l'information, pourquoi diable un fait majeur serait oublié deux semaines après qu'il se soit produit ? Regardez bien, ça fonctionne pour tous les journaux : un fait majeur sera épluché dans les moindres détails mais, soudain, passé ce temps de 15 jours, plus rien, évaporé, comme si tout s'était arrangé.
Les média principaux sont dans une logique de divertissement : non seulement ils sont enroulés dans ces nœuds du marketing, qui nécessite de sans cesse renouveler le divertissement pour fidéliser, mais, en plus, il n'est humainement pas possible d'intérioriser l'ensemble des informations possibles.

Je disais que le débat autour de la violence du monde actuel est stérile. Voici quelques raisons :
- des conflits, y en a depuis la préhistoire, si ce n'est qu'aujourd'hui c'est à plus grande échelle
- des viols et crimes sexuels, il y en a toujours eu, sauf qu'avant on en parlait pas
- des meurtres, idem
- des trafics litigieux : quand la gabelle (taxe sur le sel) était de vigueur, je suis convaincu qu'il y avait du marché noir de sel, avec tout ce que ça induit


Non, le monde n'a pas viré en un chaos au fur et à mesure du temps. Il a toujours contenu en lui les mêmes tares, si ce n'est qu'elles ont pris une autre ampleur. Ou simplement parce que les média nous les plaquent à la figure dès que possible.
Je ne dis pas qu'il faut rester sourd et aveugle à ce qu'il se passe. L'information permet de prendre conscience de certaines choses. Mais pour avoir cette conscience, il ne faut se laisser endormir par le but de divertissement de certains média. Sélectionnez, triez, observez, comparez : ne restez pas sur une seule voie. Les média font une interprétation du monde, en sélectionnant les nouvelles qu'ils veulent mettre en avant selon une ligne éditoriale, selon des choix. Le but même de l'information n'est pas de dévoiler une seule vérité absolue, mais de donner à voir et à réfléchir. Là où l'information ne fait pas son travail, c'est quand elle donne l'illusion d'une vérité absolue, alors qu'elle ne fait que lobotomiser selon ce principe creux du "divertissement" qui ne consiste qu'à faire dans l'éclat et le spectacle.
Mais méfiez-vous des paillettes, on ne sait jamais ce que ça cache derrière.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Une réaction ? Un commentaire particulier ? Faîtes-moi savoir : partagez !