mardi 9 décembre 2014

Le guide du Metal / BONUS : Les horns-up

Bonjour à tous !

En dehors de ce qui est prévu, je vous propose un petit à-côté pour traiter d'un élément propre au Metal : le horns-up (ou le signe des cornes).
Si, dans mon tour des faux-pas, j'ai évoqué qu'il ne fallait pas réduire le Metal a une attitude, a une façade, il faut savoir que cela vaut aussi pour les cornes. Faire les cornes pour montrer combien on est gue-din et fou rebelle ou je ne sais quoi, c'est une vision passéiste et démodée du Metal : je ne le répèterai jamais assez, mais le Metal est bien accepté aujourd'hui, de fait le temps de la contestation est révolu. 

Les horns-up : l'origine

Il faut savoir que ce signe n'a rien de satanique. En effet, il a été popularisé par Ronnie James Dio, un des gros piliers du Metal. Sa voix particulière a marqué plusieurs générations, et son Holy Diver est devenu absolument culte par un clip kitsch à souhait !


 Il a aussi été le chanteur de Black Sabbath à la fin des années 80, et leur album Mob Rules est d'ailleurs particulièrement punchy.
Mais Dio est aussi connu pour avoir été un membre du groupe Rainbow, auprès de Ritchie Blackmore, guitariste de Deep Purple. Et les trois albums où Dio a officié avec Rainbow, Ritchie Blackmore's Rainbow, Rising et Long Live Rock 'n Roll sont trois excellences, trois pépites du Heavy Metal.


Ronnie James Dio, donc, est un acteur incontournable du Metal. D'origine italienne, il a transporté une certaine culture... Notamment de sa grand-mère, laquelle lui faisait un signe de cornes pour conjurer le mauvais sort. Dans la culture populaire italienne, dresser les cornes en bas vers une personne, c'est pour chasser les mauvais esprits. Dio aurait effectué ce geste en concert, ce qui a participé à la popularisation des horns-up.

Les horns-up : si ce n'est pas de l'appartenance, alors pour quoi faire ?

Le horns-up n'a aucun sens en dehors d'un concert de Metal, si ce n'est pour afficher son appartenance au milieu. Seulement, poser pour une photo' bière en main avec sa veste en jean pleine de patchs de groupes et, surtout, en arborant fièrement le t-shirt de son groupe fétiche, le tout en brandissant les cornes, c'est plus que dépassé et, surtout, c'est inapproprié. Encore une fois, s'exhiber en tant qu'amateur de Metal est ridicule : nous n'avons rien à prouver !
En concert, ce geste est surtout comme un lien, une complicité : comme le headbang, où l'on se prend bras dessus bras dessous avec des personnes que l'on ne connaît pas, le horns-up permet de suivre le rythme. Le plus souvent, on brandit la main en corne, et on headbang ensemble.
Pour le groupe qui joue, il y a un sentiment puissant : alors qu'il fait sa performance, il voit une centaine voire des milliers de personnes en train de lever la main et de se secouer sur leur chanson. C'est pour eux un repère : ils donnent, mais le public reçoit, et c'est extrêmement gratifiant !
Pour le public, c'est surtout un prétexte pour rentrer dans la musique et, comme je l'ai dit, pour être en contact les uns avec les autres.
D'autant qu'un concert, de Metal ou autre, doit être soucieux de la gestion du rythme : il faut des moments vifs, d'autres plus reposés. Après un bon gros slam où le public s'est bien fatigué sur des riffs enflammés, mieux vaut revenir à un rythme soutenu, moins virulent. Mieux vaut réaliser un thème pour que le public suive plutôt un headbang qu'un pogo.
En définitive, le horns-up est une variable à ne pas négliger dans le gestion du rythme en live.

Les horns-up : les faux-pas à éviter

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il y a une manière de faire les cornes. Si quelqu'un réalise mal le geste, l’œil averti de l'amateur de Metal verra tout de suite qu'il a en face de lui un rigolo, ou un "poseur", c'est à dire quelqu'un qui se dit fan absolu alors qu'il n'a pas saisi l'essence du Metal.
C'est idiot et élitiste, mais ça se fait, et il faut le savoir.

Un horns-up, comme son nom l'indique, signifie qu'il faut lever deux doigts, parce que deux cornes : l'index et l'auriculaire. Aucune raison d'y laisser le pouce : il sert à tenir le majeur et l'annulaire !


Ce geste signifie ILY, soit I Love You : I pour l'index, L pour l'index + pouce, Y pour l'index + auriculaire.
Du coup, pas de pouce à sortir : ça ne va pas, sinon.

Dans horns-up, il y a "up". Dans mon esprit, "up", c'est simplement "debout" ou "monter", mais selon une verticale parfaite.


 Du coup, ne mettez pas votre index et votre auriculaire les plus espacés possibles. 

Finalement, un bon signe de cornes, c'est : index et auriculaire levés seulement, de façon bien verticale de sorte que les deux doigts sont parallèles.


Et, surtout, un bon signe de cornes, c'est quand il est fait en concert.

Les horns-up : quand le faire en concert ?

C'est une question pertinente, car elle évoque la tenue que l'on peut avoir en concert. Parce qu'on ne doit pas se comporter n'importe comment : lance un pogo tout seul, au début de la première partie du concert, et tu auras quelques remarques d'autres personnes...
Le tout est de suivre la vibration générale du public : si tu sens qu'il n'y a personne prompt à faire du pogo ou du headbang, mieux vaut ne pas se lancer tout seul.
Globalement, un concert a plusieurs parties : la première partie, souvent gérée par des groupes régionaux et locaux, ont pour but de chauffer le public. Ce n'est pas là que tu vas tout donner. Sache que le premier morceau est un test : les musiciens voient si tout roule. Dès le deuxième titre, il y a possibilité d'avoir du mouvement. Le plus souvent, c'est le groupe sur scène qui va demander un pogo ou un headbang s'il voit que ça ne bouge pas. En tout cas, si au début du concert, tu vois que ça ne se précipite pas trop, c'est normal.
Au contraire, si tu vois des gens au taquet dès le départ, alors lance-toi, n'hésite pas !
Dans un concert de Metal, l'important est de sentir vraiment l'énergie. Si l'énergie n'est pas au rendez-vous pour se lâcher, il faut être patient. Mais il y a des signes qui ne trompent pas : si, en plein milieu d'un titre, le groupe commence à soutenir des notes très longues, avec des guitares qui grésillent, le tout sous des tintements de cymbales qui serpentent et quelques tapes sur la grosse caisse, c'est que le chanteur va venir chercher le public, soit en demandant de se tenir prêt, soit en réclamant un "pit" (puits) pour le pogo. Et là, faut s'attendre à ce que ça balance !
Un bon concert est un concert où les groupes dirigent le public et donnent à fond. Cette direction peut se faire avec des indices explicites ou non. Mais, globalement, il y a toujours un moment où ça lance : "Get ready for the moshpit !"
Après, j'ai vécu des concerts sans pogo ni gros headbang... Parce que c'étaient dans des petits locaux ! Faire un pogo dans 100 m², c'est un coup à se faire virer du lieu pour que tu puisses éviter de tout casser.


Ce que j'ai dit là vaut pour la plupart des concerts, peu importe le genre musical. Il y a une certaine étiquette à suivre : il ne faut pas se comporter en dehors du ressenti global.
Le ressenti global du Metal dépend ainsi du sous-genre dans lequel on est : un concert de Progressive Metal à la Dream Theater ne diffusera pas la même énergie que du Thrash ou Death Metal.
Tout est une question d'énergie.

En bonus : je parlais de l'album Long Live Rock 'n Roll, lequel contient le titre "Kill the King". Cette musique a notamment été reprise par Liege Lord, du Heavy de nouvelle vague des années 80, et Heathen, du Thrash Metal de la fin des années 80. Ma préférence va pour cette dernière version ;)




3 commentaires:

  1. Trois albums avec Rainbow pour Dio ! Tu oublies Long Live Rock'n'Roll ;)

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  2. Ah ouais : je vais ajouter ça ;)
    En plus il y a "Kill the King" sur cet album. Un sacré morceau, il a été repris par Heathen et Liege Lord, et ça déboîte :D
    Ca déboîte plus que le "Kill the King' de Megadeth XD

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