mercredi 28 janvier 2015

Le Speedrun et le Tool-Assisted Speedrun pour les non-initiés : La parole au runner !

Photo prise sur le NesBlog

 Bonjour à tous !

Pour clore ce guide autour du Speedrun et du TAS, j'ai décidé de recueillir les paroles d'un runner, Kilaye (à gauche sur la photo de l'article) !
Présent aux côtés de CdV et RealMyop à plusieurs reprises dans la chronique Speed-Game du NESblog, il est à la fois dans les deux disciplines.
Encore un grand merci à lui pour avoir accepté l'interview, et tous mes remerciements à l'équipe NESblog !


SirMK : Déjà, encore merci d'avoir accepté l'interview, ça me fait très plaisir d'avoir ton ressenti sur le Speedrun.
Je t'avais découvert sur tes performances sur Antichamber et Fez, ainsi que sur le guide du TAS très bien fait, j'avais apprécié ton naturel et la manière dont tu parlais de ta passion. Mais avant d'aller plus loin, je voudrais savoir, s'il te plaît, quel âge tu as et qu'est-ce que tu fais dans la vie.

Kilaye : J'ai 28 ans. Je fais de la recherche à l'université de Rennes dans le domaine biomédical.

SirMK : Ah oui, donc rien à voir avec l'univers du Speedrun !

Kilaye : Non.

SirMK : Justement, en voyant tes performances et ta façon de parler du TAS, je me disais "il doit être dans l'informatique ou quelque chose comme ça" alors que pas du tout ! Pourquoi ces deux facettes, d'un côté le joueur méticuleux et, pour le coup, le chercheur dans le domaine biomédical ?

Kilaye : Il se trouve que j'ai utilisé l'outil informatique assez tôt. J'ai fait pas mal de programmation dans des projets persos. J'ai déjà un peu l'habitude du mode de réflexion qui est utilisé pour faire du TAS, sur l'optimisation principalement. Et dans mon boulot, je m'occupe de traiter les données qui sont produites dans les expériences que l'on réalise : il y a un peu de programmation là dedans.

SirMK : L'aspect "programmation" et, finalement, travailler avec un outil informatique, cela chapeaute à la fois ta vie personnelle et ta vie professionnelle : c'est plutôt lié mine de rien.

Kilaye : C'est vrai.

SirMK : C'est intéressant que tu évoques cela : je vois que tu as plusieurs casquettes, et c'est justement ça qui m'a donné envie de te contacter. Tu as le profil de runner et de TASer. Tu apprécies la programmation mais, en dehors de ça, quand est-ce que tu es entré dans ces deux disciplines, et comment ? Qu'est-ce qui t'a donné envie de te mettre sérieusement à ces pratiques ?

Kilaye: J'ai commencé à faire du TAS vers mars 2013. Je connaissais déjà le TAS et le Speedrun depuis longtemps, je dirais avant 2010. J'ai choisi le TAS parce que je trouvais cela moins décourageant dans le sens où un Speedrun ne sera jamais parfait, et il faut recommencer en permanence pour gratter quelques secondes. Dans un TAS, tu construis petit à petit le run, tu as la sensation de progresser et tu as une fin. En plus, comme le TAS est moins développé, il y a plus de jeux à découvrir.

SirMK : Il y a la possibilité de se faire plaisir avec plus de jeux sans être découragé par des facteurs physiques (dextérité, adresse et réflexes). Mais comme un TAS se fait petit à petit, image par image, n'est-ce pas aussi décourageant d'avancer touche par touche et lentement ?

Kilaye : Le fait d'avancer image par image n'est pas décourageant en soi :c'est juste lent, long. Mais il y a une progression malgré tout.
Quand on commence, on sait que ça va prendre longtemps. On peut à peu près estimer le nombre de mois que ça va prendre. Dans le Speedrun, on ne sait pas, ça dépend du niveau que l'on souhaite obtenir.

SirMK : La patience semble être la clé aussi bien en Speedrun (patience d'acquérir la dextérité suffisante) qu'en TAS (patience de mener à bien un projet sur le long-terme), c'est ça ?

Kilaye : Oui, c'est très important. C'est pour ça qu'il faut mieux prendre des jeux que l'on apprécie : cela peut nous donner plus de plaisir à travailler des runs, donc plus de patience. Mais ce n'est pas nécessaire.

SirMK : C'est pour ça que tu as runné Fez et Antichamber, ce sont des jeux que tu voulais runner parce qu'ils t'avaient marqué en tant que joueur ?

Kilaye : Oui, ils m'avaient beaucoup marqué. Pour Fez, le jeu a un potentiel de routing (fait de prévoir sa route dans le jeu) assez grand et peu de personnes s'y étaient attelés. Mais j'ai arrêté assez rapidement, car ce n'est pas un très bon jeu pour le Speedrun finalement.
Pour Antichamber, il faut des grosses capacités de maniement de la souris : je ne pouvais rivaliser avec d'autres runners qui venaient de Team Fortress 2.
SirMK : Pour Fez, tu as quand même réalisé un record du monde en terminant le jeu en près de 31 minutes, c'est très bien !
Du coup, je commence à mieux comprendre : tu as fait du Speedrun sur des jeux qui t'ont beaucoup plu mais, rapidement, il y a eu cette barrière de l'exécution que le TAS t'a permis de dépasser.

Kilaye : J'ai commencé le TAS avant le Speedrun.

SirMK : Ok !

Kilaye : Et je voulais tester le Speedrun.

SirMK : Expérience concluante ?

Kilaye : Oui. J'ai commencé sur des jeux courts, après je me suis mis à Chrono Trigger.

SirMK : En TAS ?

Kilaye : En Speedrun.

SirMK : Courageux !

Kilaye : Je voulais travailler le routing d'un rpg qui est très intéressant mais très complexe. Et j'ai trouvé une amélioration dans la route qui a permis de faire descendre les temps. Après, ces améliorations viennent du topic du jeu sur Tasvideos.

SirMK : Je suppose que, lorsque tu as découvert cette amélioration, ça a motivé à nouveau certains joueurs à améliorer les chronos, ça devait être un peu la folie, non ?

Kilaye : En fait, il y avait peu de runners. Donc à ce moment on était pas beaucoup à travailler sur la nouvelle route. J'avais réussi à améliorer le temps de 19 minutes je crois.

SirMK: Bravo !

Kilaye : Mais d'autres runners sont arrivés, ils ont fait quelques modifs encore et m'ont battu encore d'une dizaine de minutes, mais j'étais passé à autre chose.

SirMK : Si je résume bien : tu apprécies autant le Speedrun et le TAS, surtout dans cette recherche d'itinéraires. Dans les deux cas, tu apprécies décortiquer les jeux.

Kilaye : C'est ça.

SirMK : Et, selon toi, tu penses que c'est ça que recherchent les spectateurs, voir les jeux se faire tordre à l'encontre de la manière dont sont pensés les jeux ?

Kilaye : Ce n'est qu'une partie. Il y a aussi l’exécution qui peut être très poussée : sur un jeu comme Super Meat Boy, il y a surtout l’exécution qui compte.

SirMK : Et tu préfères le TAS justement parce que tu peux tout maîtriser et aller, lentement mais sûrement, dans la direction voulue.

Kilaye : Exact. On peut aller plus loin dans la compréhension du fonctionnement du jeu et utiliser ces infos pour gagner du temps.

SirMK : Avec cette notion de temps et ce but de terminer un jeu rapidement, on parle aussi de divertissement. Avec ces deux idées, certains lient Speedrun et TAS au sport. Qu'est-ce que tu en penses, on devrait considérer ces pratiques comme du sport ?

Kilaye : La définition d'un sport peut être assez large. Oui, je pense qu'on peut voir comme un sport, par l'entraînement à faire, l'exécution à travailler. Sur la notion de divertissement, elle est importante en TAS : comme on n'a pas la contrainte de l'exécution, on peut prendre tous les risques. Et c'est important, pour qu'un TAS soit plaisant à regarder, de faire des choses qui seraient improbables à la manette.

SirMK : Il y a le frisson côté spectateurs, du divertissement, des objectifs fixés par le joueur pour un but précis (arriver premier, faire un bon chrono, réaliser du divertissement par la prise de risques) : tous les ingrédients qu'on peut avoir en sport, mine de rien !
Je ne sais pas si tu connais le Snooker, ce jeu de billard compétitif en duel. J'ai vraiment l'impression de voir en jeu un duel en Speedrun : il y a l'exécution, le calcul des coups, la prise de risques aussi. On pourrait imaginer un duel Tool-Assisted avec deux joueurs qui feraient des coups improbables ! Un peu comme on peut le voir dans les TAS Power-Play de Super Smash Bros Melee.

Kilaye : Il y a quelques TAS en multiplayer, compétitifs, mais c'est rare.

SirMK : Dommage, parce que c'est vraiment impressionnant à voir, comme le TAS sur Ultimate Mortal Kombat 3 : c'est de la folie à voir !
On voit aujourd'hui que les pratiques alternatives au jeu vidéo, c'est à dire aller plus loin que simplement « terminer un jeu », sont en plein boom : l'AGDQ et la SGDQ sont restreamés en français, CdV et RealMyop commentent beaucoup de runs et participent à l'engouement (justement, quand ils ont commenté UMK 3 avec Ken Bogard au Stunfest). Comment te situes-tu par rapport à cela ? Est-ce que ton rapport au Speedrun et au TAS a changé depuis tes débuts ?

Kilaye : Quand j'ai commencé, les GDQ étaient déjà en place. J'ai vu surtout un changement entre les Stunfest 2013 et 2014 où la scène superplay/Speedrun a explosé en audience. Après, le support Twitch a beaucoup aidé aussi. Et dernièrement une nouvelle webtv a fait son apparition avec une chaîne spéciale pour le powerplay/Speedrun. Donc beaucoup plus de moyens de diffusion pour le Speedrun.

SirMK : Il y a deux questions qui me viennent :
- est-ce que tu streames tes performances sur Internet, via Twitch ou les Webtv (comme sur jeuxvideo.com) ?
- j'ai vu que tu as fait des performances en live durant le Stunfest : comment s'est manifesté ce changement d'audience ?

Kilaye : J'ai une chaine twitch depuis un an et demie. Depuis quelques mois, je ne fais presque plus de stream car je suis concentré sur le TAS. Je n'ai pas vu de différences personnellement après le Stunfest. Sur Twitch, j'ai à peu près une dizaine de personnes qui regardent ma chaîne quand je streame.

SirMK : Le TAS ou le Speedrun restent pour toi des passions. Malgré la hausse d'audience dont tu as parlé, tu ne te verrais pas aller plus loin ?

Kilaye : Si plus loin serait en vivre, je ne pense pas, il n'y a pas beaucoup d'options.

SirMK : Tu as déjà envisagé de devenir runner pro ?

Kilaye : Il n'y a pas de modèle économique qui existe pour cette activité. Mistermv qui est le seul français à ma connaissance dans le milieu du Speedrun fait surtout maintenant des émissions de divertissement même s'il aime beaucoup le Speedrun.

SirMK : En dehors de la France, est-ce que tu sais si des runners arrivent à vivre de leur activité, comme des sportifs vivraient de leur activité ?

Kilaye : Oui. Je connais au moins deux Speedrunners qui officient sur Twitch : Cosmo Wright et Siglemic.
Cosmo a 170000 abonnés Twitch. Beaucoup de subscribers je suppose, c'est à dire des personnes qui versent 5 euros par mois à la chaîne, 5 dollars pardon, et la moitié revient au caster. Cosmo reçoit aussi énormément de dons.

SirMK : On sent l'aspect "fan base" : les gens apprécient voir du beau jeu et donnent de l'argent pour qu'il puisse vivre et s'améliorer. Mais combien de temps passe-t-il à jouer et à se préparer ?
Du coup c'est "passer du temps à jouer", mais c'est un réel travail d'entraînement et de recherche !

Kilaye : Oui. Cosmo est un excellent Speedrunner de Ocarina of Time, il a dû passer des centaines d'heures d'entraînement. C'est un réel travail. Si les notions de travail dans le Speedrun t'intéressent, je te suggère d'en parler avec CdV. Il est très intéressé par cette problématique, et par les potentiels modèles économiques du Speedrun.

SirMK: Oui, l'évolution du Speedrun en travail, ça pourrait faire l'objet d'un autre article, merci beaucoup !
Pour en revenir à Cosmo, son fameux record de 18 minutes sur OOT m'a scié : j'avais découvert en 2012 le Speed Game commenté du TAS en 30 minutes avec le Wrong Warp, à l'époque c'était jugé TAS-only. Ce qu'il a fait est fantastique, mais n'enlève pas non plus le côté spectaculaire d'une run noglitch comme a pu faire Marco !
Avec toutes les nouvelles catégories, ainsi que l'organisation et les structures autour du Speedrun et du TAS, on gagne en diversité et, surtout, en lisibilité : on ne va pas confondre, par exemple, ton TAS de Chrono Trigger avec le TAS glitché en 3 minutes !
Kilaye : Bien sûr, il y a de nouvelles catégories qui se mettent en place, avec les nouvelles techniques qui sont découvertes en permanence, y compris sur des jeux anciens.

SirMK: Dans ce cas, avec toute cette diversité, de nouveaux joueurs viennent, le Speedrun et le TAS gagnent en audience avec Twitch et les événements. Ça grimpe peu à peu à l'instar de l'e-sport. Penses-tu que les pratiques qui nous intéressent ici vont évoluer de la même façon que l'e-sport en terme de médiatisation, de monétisation et de statut des runners ?

Kilaye : En termes de médiatisation, je pense en effet que le Speedrun va encore élargir son audience. On le voit bien avec les GDQ qui chaque année ont de plus en plus de public, ce qui se répercute par les dons entre autres. Pour la monétisation, ce n'est encore pas fameux. Twitch propose bien un partenariat, mais qui est pas évident à obtenir, il dépend du nombre de viewers réguliers en gros. Et les revenus liés à la pub sont ridicules par rapport à YT ou Daily. Avec les webtv, on a je pense une première piste pour une rémunération plus décente. Mais on est loin de l'e-sport.
La différence, c'est que le Speedrun se fait sur tout le catalogue de jeux vidéo, alors que l'e-sport est sur un maximum de 10 jeux disons. Et puis, ce sont des jeux compétitifs, qui ont été créés spécialement pour l'e-sport, en tout cas pour les derniers (LoL, Dota2, les jeux Nadeo (Nadeo a fait Trackmania, jeu de course compétitif)). Les Speedruns ne sont pas une compétition directe entre plusieurs runners.

SirMK : Oui, même si on retrouve quelques jeux phares du Speedrun (Megaman 2, les Mario jusqu'à 64, Zelda, Sonic etc) parce qu'ils ont été des jeux à très grosse communauté de base, et même si quelques races ou duels sont proposés, on n'est pas dans la compétition mais plus dans une idée de recherche d'une part, et de démonstration, d'entertainement, d'autre part.
Ce que j'apprécie, c'est qu'avec Twitch, on voit ce travail de recherche de manière visible : je trouve cela gratifiant pour le runner, et ça permet aux spectateurs de voir toute l'énergie déployée même pour une simple passion.
Tu préfères progresser via Twitch ou justement t'entraîner "dans ton coin" afin de montrer par moments l'avancée de ton travail, jusqu'au produit fini ?

Kilaye : Cela dépend. Pour le training de base je préfère offline, comme ça je peux m'entraîner des heures sur une seule partie, si je streame, j'ai le sentiment de devoir montrer de la variété, et donc de ne pas rester longtemps sur une même partie. Après, dès que je maîtrise le jeu, je peux faire du training en ligne.

SirMK : Pour l'entertainment, justement.

Kilaye : C'est moins rébarbatif pour les viewers, oui.

SirMK : En parlant toujours d'entertainment, on a donc, au jour de l'interview, la publication de ton TAS sur Chrono Trigger. Qui dit TAS dit techniques impressionnantes ; je pense que ça t'a pris du temps. Quels sont tes projets ? De nouveaux jeux, ou bien approfondir ce que tu fais déjà ? Peut-être des envies à plus grande échelle : participation à des grands événements, organisation d'associations … ?

Kilaye : Mhhh... Je suis sur un nouveau TAS, Ikaruga. J'ai fait la moitié, ça me prendra encore 1-2 mois. Pour le Speedrun, je ne sais pas encore. Je proposerai quelque chose au Stunfest, je ne sais pas quoi encore.

SirMK : J'oubliais : quelle est ton expérience de joueurs ? Quand as-tu découvert le jeu vidéo en général, avec quels jeux ? Est-ce que ta pratique du TAS et du Speedrun fait que tu t'intéresses plus aux mécaniques et à la programmation qu'au fait même de jouer ?

Kilaye : J'ai commencé sur la Game Boy et la Megadrive : les jeux classiques : Tetris, Zelda, Mario sur Gameboy, Sonic, etc. sur Megadrive. Ensuite j'ai eu une grosse session RPG sur PSX : tous les jeux imports de Squaresoft, Enix, et d'autres qui sont sortis sur cette console. Et j'ai rattrapé avec l'émulation les RPG sur Snes (Super Nintendo).
J'ai arrété de jouer autour de 2002/2003. J'ai repris avec l’avènement des jeux indés, autour de 2008/2009.

SirMK: Comme entre-temps, tu as grandi, tu n'as plus eu les mêmes attentes, tu t'es peut-être plus tourné vers l'informatique vu que tu as programmé, et avec l'émergence progressive du Speedrun, tu as changé ta pratique du jeu vidéo, c'est ça ?

Kilaye : J'ai toujours aussi une pratique d'amateur classique, même si je ne me dirige pas spécialement sur les gros titres.

SirMK : J'ai vu quelques runners jouer un peu moins au profit de la performance : toi, tu as simplement augmenté ta pratique, d'un côté le jeu "standard", simplement finir un jeu, et, de l'autre, runner ceux qui t'ont vraiment marqué, soit actuellement ou à l'époque.

Kilaye : Oui, même si le Speedrun prend beaucoup de temps. Je n'ai pas beaucoup de temps pour jouer et découvrir de nouveaux jeux. J'ai fait Shovel Knight récemment.

SirMK : Tu penses le runner, ou bien tu penses que des joueurs vont le runner ?

Kilaye : Non, je ne vais pas le runner : c'est pour dire que le dernier jeu auquel j'ai joué remonte quand même à 3 mois, alors qu'il y a plein de nouveaux jeux à découvrir.

SirMK: En même temps, en tant qu'adulte, rien que le boulot prend du temps !

Kilaye : J'ai plutôt une bonne situation à ce niveau, j'ai des horaires libres grosso modo.

SirMK : C'est pratique ! Ça te permet de bien tout concilier.
Je dois t'avouer que, plusieurs fois, j'ai eu envie de me lancer dans le Speedrun sans avoir le culot de me lancer : c'était pas pour devenir pro, mais pour faire un petit truc propre. Mais je n'ai jamais eu la patience ni l'audace d'y passer du temps. Que conseillerais-tu pour quelqu'un qui serait prêt à approfondir le Speedrun ou le TAS mais n'oserait pas ? Quels outils aussi pourrais-tu proposer ?

Kilaye : Déjà, le choix du jeu. Il faut être certain que l'on peut passer beaucoup de temps sur un même jeu, donc beaucoup l'apprécier est un point positif. Ensuite, il faut regarder les Speedruns, voir si le Speedrun nous plaît : cela peut arriver que non.

SirMK : Après, il est possible de se faire un run à contraintes et de se fixer ses propres objectifs.
Mais où trouver des outils et des informations complètes en Speedrun et en TAS ? As-tu des sites à conseiller ?

Kilaye : Comme sources, il y a déjà le site speeddemosarchive (sda). Il faut aller dans le forum, il y a probablement un topic dédié. Sinon, il faut trouver des Speedrunners sur Twitch, et certains mettent des informations sur le Speedrun, comme la route par exemple.

SirMK : Oui, puis en TAS, il y a TASvideo. Mais est-ce que TASvideo a un forum dédié ?

Kilaye : Oui. Pour le TAS, il y a qu'une source occidentale. TASVideos possède quelques infos sur le site même avec un système de wiki, mais tu vas trouver la majorité des infos dans le forum et dans les textes de soumission des jeux. Après, les japonais utilisent le site de vidéos niconico :c'est là que tu trouveras tous leurs TAS, sauf quelques rares japonais qui publient sur TASVideos (je n'en connais qu'un).

SirMK : Bon, pour les questions, c'est tout ce que j'avais à te demander. On peut ainsi résumer ces pratiques en "passion et patience", n'est-ce pas ?

Kilaye : Ahah, oui !

SirMK : En tout cas, merci beaucoup d'avoir pris de ton temps pour répondre à mes questions : ça a été une chouette expérience, je l'espère pour toi aussi !

Kilaye : Yes, c'était sympa.

Lien vers les autres articles de la série.

2 commentaires:

  1. C'est intéressant d'avoir les propos d'un pro, en plus de ça on découvre encore mieux cette discipline !

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    1. Et oui : j'ai parlé, j'ai parlé. Mais qui de mieux qu'un runner pour parler de ces pratiques ? ;)

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