mercredi 29 avril 2015

Gifle et réponse, ou comment réagir après avoir critiqué quelque chose

 
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Bonjour à tous !

Un moment sur le blog, j'ai beaucoup parlé d'Internet, et de ce que ça permet comme redéfinition par rapport à la culture, aux média et à notre regard sur ces choses. Toutefois, que ce soit via le 3615 Usul ou d'autres productions sur le web, on connaît plusieurs vagues de contestations, de critiques. Plus simplement, puisque le 2.0 permet la production d'idées et leur échange avec différentes plates-formes connectées, les discours se font facilement, et les débats peuvent se nourrir à grande vitesse. 
Arrive alors un argument de taille face à tous ces discours :
"C'est facile de critiquer, mais qu'est-ce que tu pourrais proposer, toi ?"

Donc, puisque j'ai critiqué les média, on pourrait me rétorquer ceci : "Tu parles des média, tu dis qu'ils font un mauvais travail. Mais est-ce que tu peux au moins apporter une autre solution ?"

Eh bien, moi, non. Mais Internet permet la recherche et, surtout, de croiser des éléments pour construire un propos.

Alors, ensemble : construisons.

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Comme je l'ai dit, le 3615 Usul a eu pour effet d'apporter quelque chose sur Internet : une critique, un discours. Au départ centré sur des thèmes qui ne s'intéressaient qu'au jeu vidéo, cette chronique a pris une envergure toute autre : au lieu de parler de bouffe, d'énigmes, de temps de chargements ou de pratiques, le 3615 a soulevé des problématiques propres à l'industrie vidéoludique. Il y a eu critique des éditeurs, des journalistes, de l'idée même de "test" pour un produit culturel, et aussi de la condition de travail des développeurs.
Lors d'une vidéo, ils ont dénoncé le doublage qui, en France, est très aléatoire. Ils ont soulevé l'idée que la contestation était facile. Certains disent : "Tu critiques mais tu ne pourrais pas faire mieux". Eh bien, ils l'ont fait, en mettant en scène habilement le doublage sous l'angle de la comédie.
Toujours avec le 3615 Usul, quand ils ont évoqué les tests de jeux vidéo, ils ont avancé que, au delà de la simple critique que l'on peut faire, le mieux est encore de créer du contenu. A l'instar du cinéma, au lieu de dénoncer les mauvais critiques et aller dans l'alignement d'articles critiques et de manifestes théoriques contre les mouvances actuelles, mieux vaut donner quelque chose de concret en créant ce qui, pour eux, devait être le cinéma.

 
J'en viens ainsi à l'idée même de cet article : quand on gifle, quand on donne du mouvement, il est attendu une réponse, une alternative.

En tant qu'écrivain, j'ai espéré pouvoir proposer mon travail par le circuit traditionnel d'une maison d'édition. J'ai largement critiqué les éditeurs - leur manque de prise de risque, leur fermeture aux formats en fragments, le fait que ça joue au piston - mais dénoncer ne va qu'un certain temps. J'ai ainsi, en préparation, quelques projets, dont deux en phase de réécriture, avec des romans qui sont nés de réactions après des lectures qui m'ont déçues : ce sont des manifestations directes de ce que j'attendais de ces types de productions. De plus si ceux qui ont critiqué les acteurs du jeu vidéo, du livre, de la musique ou autre sont nombreux, ils sont nombreux aussi à avoir réalisé une alternative.
Internet ouvre à l'indépendance. Et ceci a de fantastique de permettre la diffusion et le libre-échange, ou bien la vente par des circuits différents, comme le crowdfunding (ou financement participatif). Mais, surtout, cette indépendance amène à faire une résistance active face aux grands acteurs traditionnels : non, nous n'avons pas forcément besoin de vous pour diffuser nos idées et nos créations. Plus encore, de façon indépendante, nous pouvons défendre nos valeurs !
Face aux média, la défense des valeurs est cruciale. Je l'ai déjà dit, mais les média généralistes se plaisent de faire du spectacle et du sensationnel, peu importe l'objet de ces média (informations spécialisées ou non). Que ce soit jeuxvideo.com, TF1, le Monde ou autre, que ce soit par journal papier, télévisé ou informatique, ces grands noms ont un même but : le profit. J'en ai déjà parlé, si vous avez un trou de mémoire, allez ici.
De fait, Internet permet une réponse de taille : le blog.

Remonter après avoir démonté.

Un blog, par sa simplicité d'utilisation, permet à tout un chacun de produire un lieu de discours. Pour reprendre le 3615 Usul, c'est bien cela qui permet de répondre face aux média : au lieu de se complaire avec leur "objectivité" qui vise surtout le spectaculaire, nous pouvons nous tourner vers des productions de "papiers" plus authentiques de personnes qui interrogent et croisent les informations. En somme, au lieu de simplement "larguer les infos et les pensées", on peut émettre un dialogue entre celui qui produit et celui qui va lire.
Je pense que l'intérêt d'Internet réside dans cette possibilité de véritablement donner autre chose à lire ou à voir, pour permettre à chacun de comprendre autrement. Vu que je me suis acharné sur jeuxvideo.com, je vais reprendre un exemple dans le jeu vidéo. Ainsi, un camarade participe au blog "Goreroll", lequel se permet de partager des articles autour du jeu vidéo. 
Ce qui est intéressant, c'est que s'ils reprennent les standards du test (avec les rubriques "les +" et "les -", ici renommés "On aime" et "On râle sur"), ils se permettent, dans le papier même, de construire leur propos. Ce n'est pas juste un simple test, il y a une dose d'affect. Certes, on n'est pas dans la sacro-sainte objectivité journalistique (depuis longtemps mise à mal, cette objectivité est un mythe), néanmoins nous avons mieux que ça : la sincérité et l'indépendance.
Ce blog qu'est "Goreroll" illustre tout à fait ce qui, pour moi, est la réponse aux média :  outre le spectaculaire,  outre le fait de créer "le buzz", nous remarquons qu'ils est possible aujourd'hui d'énoncer un discours, de construire un lien entre le contenu médiatique et ceux qui le lisent via le partage de subjectivités.

Ce camarade m'a partagé son plaisir de suivre les vidéastes sur Youtube TotalBiscuit et AngryJoe. Leur but est d'interroger et de critiquer les pratiques des grands noms du jeu vidéo, toujours dans cette idée d'apporter à chacun une défense du jeu vidéo. C'est ainsi qu'Angry Joe, dans la vidéo ci-dessous, dénonce certains scandales, lesquels ont été combattus férocement par lui-même.




Quand je parlais de nouvel humanisme, c'est surtout par l'idée de redéfinition. Ici, nous le voyons bien : par la diffusion de contenus, les manifestes et critiques ne se font plus par le simple aspect théorique. Du contenu émerge et, peu à peu, d'autres habitudes se construisent.
Bien entendu, les média généralistes s'adaptent : et si, durant un temps, les vidéos tests de jeux vidéo n'étaient que pour le plaisir, aujourd'hui ces vidéos sont des vitrines habilement maîtrisées par les éditeurs. Cette méfiance que l'on peut avoir vis-à-vis de ces nouveaux fronts des média traditionnels est à entretenir : des blogs professionnels sont dirigés par des grands groupes, si bien que chaque article qu'ils proposent sont des tissus de business. 
Pour exemple, 750g appartient au propriétaire de jeuxvideo.com, lequel est actionnaire et a un pied dans la bourse. C'est un homme d'affaires, et, du coup, ce qui va être proposé dans les sites dirigés par ce bonhomme sera plus que discutable. Sincérité ou conflit d'intérêt ?
Peu importe, puisque, finalement, nous pouvons nous tourner vers les indépendants qui, eux, ne s'en remettent pas à l'efficacité, mais à l'honnêteté de leur discours, et le désir de proposer autre chose.

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