samedi 5 décembre 2015

Comment faire pour... Être un excellent psychologue !

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Bonjour à tous !

Après avoir compris ce qui faisait un bon enseignant, on ne pouvait pas s'arrêter en si bon chemin - notamment parce que j'avais dit que c'était une série. Aussi, si la question d'aujourd'hui semble un peu inutile de prime abord, vous allez vite comprendre que c'est en fait essentiel !
On le sait tous, si le mal du XIXème siècle a été le spleen, le mal du XXIème siècle est... Toujours le spleen ! Presque deux siècles après Baudelaire, on se retrouve toujours à lire son Spleen de Paris en se disant : "Putain que c'est vrai !"
Et comment contredire cette vérité puisque le français de base, en plus d'être râleur, est plus enclin que les autres à la dépression. Fierté du coq : notre pays serait numéro 1 dans la consommation d'anti-dépresseurs.
Je ne dis rien de neuf mais, en l'état, si ces médicaments sont courants par chez nous, il faut comprendre qu'il y a, aussi, une importance capitale à réserver aux spécialistes que sont les psychologues !
Être un excellent psychologue est une priorité double :
- messieurs, dames, il convient de choisir correctement celui qui va vous suivre selon des critères très précis. Il serait dommage de donner sa confiance à un charlatan
- pour les spécialistes, vu le terreau fertile de malaises et de troubles que vous avez autour de vous, il faut absolument proposer une vitrine qui inspire la confiance. L'apparence, c'est le nerf de la guerre.

Allez, ne perdons pas plus de temps : c'est d'utilité publique, cet article !
 

La salle d'attente doit être impeccable !
Ceci vaut pour toute personne qui, étant très demandée, convie n'importe qui à attendre. Car l'attente, si elle permet à chacun de s'interroger sur de bonnes choses, va rapidement rendre mal à l'aise ou agacer passées les cinq minutes. Votre salle d'attente se doit d'être irréprochable : revues spécialisées pour que le patient s'intéresse à ce qui le tourmente et tabloïds plus légers pour qu'il se soulage l'esprit après s'être mis en tête qu'il avait un syndrome terrible.
Pour les sièges, respectez cette règle absolue : faîtes en sorte qu'ils soient assez confortable pour ne pas irriter ceux qui attendront plus d'une heure, mais soyez vigilants à ce qu'ils soient suffisamment peu pratiques pour que le patient ne fasse pas d'heures sup' ! Si, hélas, vous avez des chaises d'un confort inégalé, vous pouvez toujours vous rabattre sur une climatisation défectueuse, des produits ménagers odorants ou toute autre ventilation bruyante pour que la pénibilité soit suffisante. Ne prolongeons pas plus que nécessaire !


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Avoir une armée de diplômes dans sa salle de consultation.
Ça y est : le patient a eu sa claque de devoir... Patienter, justement. Il devient enfin une personne à ausculter. Celui-ci va, dès lors, pénétrer dans votre lieu de travail. Autant le dire tout de suite, il faut que ça en impose. Pour ça, quoi de mieux que des diplômes placés sous verre, et placardés sur un seul mur ? Attention, si vous dispersez vos précieux titres, le patient aura le regard fuyant. Et il serait dommage de juger ce regard comme signe de trouble en relation duelle ou autre syndrome de timidité panique à l'égard d'autrui alors qu'il ne s’agissait que d'une admiration manifeste face à tant d'expertise !
Toutefois, si vous n'avez pas eu la chance d'être dans plusieurs universités, sachez que les bibliothèques garnies de livres spécialisés, ça en impose grave ! Déjà parce que le patient va se dire : "Mais a-t-il lu tous ces livres ?" Mais, en plus, parce qu'il pensera, après avoir lu des titres comme "De la conscience individuelle à l'affirmation collective" ou "Traité de psychologie avancé", que vous n'êtes pas un rigolo.

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Le divan, bon sang, le divan !
C'est comme l'enseignant sans son stylo rouge : vous ne pouvez pas échapper au divan ! Car, à partir du moment où votre patient vous perçoit comme une personne digne de confiance, il faut le mettre à l'aise afin qu'il dévoile avec aisance ce qui, justement, lui fait ne pas se sentir à l'aise dans son quotidien. Difficile, comme paradoxe ! Heureusement, le divan le renverra à ce moment ultime du soir où, après une longue journée d'un travail épuisant, il se laisse aller sur son canapé. Il se sentira comme à la maison !

Prétendre l'écoute et faire des trucs sur son carnet.
Bon, on ne la fait pas à vous, les spécialistes. Vous avez tout vu, vous connaissez tout dans votre domaine, sinon vous ne seriez pas un "spécialiste" !
Optimisez votre temps, l'écoute sera longue et fastidieuse ! Pourquoi ne pas profiter de ce moment où votre patient alignera des lieux communs de personne mal à l'aise pour vous adonner à votre passion secrète ? Le dessin est un bon moyen de vous exprimer, mais ne négligez pas non plus l'écriture ! Profitez des tranches de vie que vous raconte ce patient, ça donnera plus de crédibilité à votre roman. Ainsi, une fois que les lecteurs auront acquis le livre sur lequel on lit en bordereau "La sensation roman psychologique du moment", ils diront : "On sent que cet homme a une vraie sensibilité pour les personnes d'aujourd'hui, il a tout compris de nos malheurs et de nos préoccupations."
Et à vous la gloire dans le milieu littéraire, tout en engrangeant plus de patients qui auront été estomaqués par votre esprit d'analyse !

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On peut aussi manger un yaourt durant une consultation... Source

 Parler de l'enfance, des parents, du rapport à la sexualité et du bas corporel.
Vous êtes psychologue et, non, la psychanalyse n'est pas votre domaine. Vous n'êtes pas psychiatre, non plus. Mais le patient qui vient en consultation ne connaît pas cette distinction. Pour lui, c'est la même tambouille. N'hésitez pas à lui demander d'approfondir son enfance, afin de chercher un trauma quelconque. Non seulement ça montrera que vous êtes à l'écoute, mais en plus ça permettra de tirer des conclusions, et de montrer au patient que tout est surmontable, puisque tout a une origine ! Le but est véritablement de parvenir à rassurer la personne. Une fois qu'elle aura pointé du doigt une blessure, elle saura dépasser cela.
N'oubliez pas que l'écoute - ou plutôt, donner au patient le sentiment d'être écouté - possède des pouvoirs fantastiques.

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Avoir soi-même une névrose.
Malheureusement, si vous voulez exceller en tant que psychologue, il faut savoir ceci : si vous-mêmes n'êtes pas possédé par quelques démons, alors vous n'atteindrez aucun sommet. Eh oui, qui mieux qu'une personne troublée peut partager l'expérience de celui piégé par des troubles multiples ? Il est évident qu'un psychologue entièrement sain ne peut absolument pas exercer de manière parfaite, car il passera à côté de l'essentiel.
Puis, nous le savons tous : un psychologue le devient car, à la base, il a eu conscience d'être "malade", et il a voulu en apprendre plus sur sa névrose par près de huit ans de médecine ! Pourquoi aurait-il voulu consulter un spécialiste alors qu'on peut se soigner soi-même en devenant expert ? L'auto-médication, c'est la modernité !
Enfin, n'oubliez pas que vous avez votre projet de roman. Si ce livre a été écrit par quelqu'un de fragile, que vous êtes forcément en tant que psychologue parfait, c'est encore plus de sympathie que vous manifestera votre lectorat !

Bloody Face dans American Horror Story Asylum, ou bien : "Bonjour, je suis un lieu commun du genre horrifique, du type "j'ai un problème mais j'me soigne, mais j'y arrive pas. Je suis psychologue et psychopathe." (Source)
J'espère que, spécialistes comme patients, tirerez d'excellentes leçon de ce guide absolument incontournable et essentiel !
C'est sur ceci que je vous donne rendez-vous prochainement pour un nouvel article. Pensez à partager et à diffuser : c'est utile, cet article !

Encore une fois, n'oubliez pas que vous pouvez réagir en commentant en dessous et, pourquoi pas, soumettre vos idées. N'hésitez pas aussi à envoyer un message avec le formulaire de contact.

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