samedi 2 janvier 2016

Le guide du Metal pour les non-initiés : L'affirmation du Metalhead (partie 2)

Chuck Schuldiner qui tient un chat... Déjà vu, oui, mais ça montre qu'il n'y a pas de réelle "étiquette" dans le Metal. (source)

Bonjour à tous !

Nous nous retrouvons en 2016 pour la suite de notre observation autour d'un comportement souvent remarqué chez les amateurs de Metal : ils sont tatillons en matière de musique, et semble détenir la seule vérité.
Nous avons vu, il y a deux semaines, que la pression sociale était réelle et a elle-même engendré un comportement de sur-affirmation, qui ne va pas non plus jusqu'à la radicalisation, tout de même.

Aujourd'hui, vous allez découvrir que, même entre amateurs de Metal, ça se tire la bourre. Allons-y !

My Metal is much Metaler than your ! Je suis dans le vrai !!

Le Metal est un genre issu de la fin des années 60. Depuis le Heavy Metal traditionnel jusqu'aux formes éclectiques actuelles, il y a donc cinquante ans d'histoire de la musique ! C'est simplement ahurissant de voir une telle longévité, car elle a amené à une très grande variété.
Seulement, puisque cette musique traverse les générations, elle invite parfois des jeunots. Ces petits nouveaux, semblables à des amateurs, des newbies, ou plus communément des bizuts, arrivent en plein milieu d'un mouvement commencé avant eux. Et, avant eux, il y a les ancêtres, ceux qui en savent plus et qui, parfois, regardent d'un mauvais oeil les nouvelles vagues du Metal.
Il est naturel de se méfier de la jeunesse et de la nouveauté : ce qui est étranger effraie. Même Socrate évoque la distance entre les générations !

En gros, les jeunes, on s'en méfie quand on est plus âgé. (Source)

 Quoiqu'il en soit, alors que certains ont connu un certain Metal, ils craignent que la nouveauté, vécue par cette jeunesse, vienne détruire leurs groupes favoris.
Ainsi, la vague Nu Metal a été vivement contestée par les amateurs des Thrash des années 80. Et les fans de Metallica ont hurlé au scandale à l'arrivée de St Anger, point d'orgue de ce qui peut être considéré comme le chute de Metallica. Déjà que ça sentait le roussi avec le Black Album, jugé Pop par les fans de la première heure, c'est dire combien St Anger a été décrié...


Quand on compare avec Kill'em all, oui, ça change !

On a donc une double affirmation :
- les anciens vont vouloir préserver leur identité d'anciens, avec des groupes qui ont fait leurs preuves
- les nouveaux, quant à eux, s'engageront dans la défense de ce qu'ils considèrent comme du Metal

Ceci a conduit à une forme de singularisation généralisée. Autrement dit, comme toute personne, on aime avoir nos petites particularités. On aime être différent, et on apprécie d'aimer des choses que tous n'aiment pas forcément. On tient à nos subtilités. Dans ce cas, il est courant que l'amateur de Metal aime partager ses expériences, et parfois, fatigué de voir tous ces mêmes gusses avec du Iron Maiden, du Slayer et du Metallica, sans chercher à aller plus loin, il affirme : "Ce groupe-là c'est juste é-norme ! Ils enterrent complètement le Big 4 et autres classiques !"


 "Ce groupe-là est énorme : il se démarque complètement du Big 4, et c'est du bon Metal !"

Dans ce cas, vous voyez que la culture Metal a ainsi des ramifications, des styles que nous avons déjà touchés du doigt (ou de l'oreille, plutôt). Être pointilleux sur les genres, c'est ainsi montrer qu'on appartient à telle ramification plutôt qu'une autre.
"Arrête, je suis pas comme eux, j'écoute du Power Metal clair qui sonne bien, pas du Black Metal dégueulasse !"
"Mais t'as cru que j'écoutais du Heavy de tapette ? Moi, j'suis à fond sur le Goregrind et le Deathcore, faut que ça tabasse !"
"Arrête avec ton Death Metal de débiles : ils jouent tellement vite qu'ils savent pas ce qu'ils font ! Tu vas me tester ce bon Black Sabbath, l'époque où les notes étaient des notes, et tu m'en diras des nouvelles !"


Allez, un peu de calme... Écoutez Conception, une sacrée surprise !

Finalement, ce que nous venons de saisir juste avant, c'est que cette affirmation exacerbée, souvent réelle, témoigne d'une volonté de se démarquer, mais pas forcément de se rebeller, attention ! 
C'est se démarquer d'une société qui juge à tort, et demeure dans le faux sans chercher à comprendre. C'est aussi se démarquer de ses compères qui, parfois, ne partagent pas notre amour du Metal de la même manière que nous.
Dans les deux cas, il y aura ce côté tatillon, pour montrer que, "non, je ne suis pas dans le sac dans lequel tu me mets". Seulement, à force de vouloir se démarquer, les personnes deviennent toutes les mêmes, car s'accrochent à des codes communs. Comme on dit : "Il n'y a pas plus conformiste qu'une anti-conformiste."
En bref, si vous ne voulez pas qu'un aficionado de Metal vous gonfle avec son ton pédagogique, que vous soyez ou non metalhead, ne lui dîtes pas qu'il écoute de la merde !


Idem avec les geeks : une communauté s'affirme, et à l'intérieur ça se distingue. Metal et jeux vidéo partagent ici quelques problématiques similaires (et, décidément, j'ai utilisé cette vidéo plus que de raison, car elle a servi d'argument ici avec l'identité de manière générale, ou ici à propos de qui joue aux jeux vidéo).

Et voici la fin de ces analyses autour de ce comportement assez courant du Metalhead. J'espère que ce retour auprès de cette culture vous a plu, n'hésitez pas à le faire savoir  ou à poser vos questions !
Je vous souhaite à tous une très bonne journée et, surtout, une excellente année 2016 : pourvu qu'elle vous apporte ce que vous souhaitez ! On se donne rendez-vous dans deux semaines pour un nouvel article.

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